Il n' y a plus de philosophe aujourd'hui, entend-on périodiquement. Le
métier semble terriblement déserté. Pourtant, nous avons des étudiants
en philosophie en pagaille ! Ils ne connaissent souvent rien au monde,
ont une culture générale proche du néant, n'ont jamais fait de sciences
donc ont une propension à penser de manière peu structurée, peu logique
et peu argumentée, mais nous en avons.
Ce tableau très caricatural et très polémique ne saurait cacher un problème de fond dans la philosophie française : le vide, le « néant » si on voulait faire un trait d'humour sarcastique.
Or, il est maintenant critique pour notre société pour notre
société de trouver des philosophes qui ne soient pas à la solde d'une
quelconque idéologie bien pensante, quelques uns qui aient un œil un peu
extérieur à la société, ne serait-ce que parce que ce défaut de
personne engendre - la nature ayant horreur du vide - l'émergence de
politiciens moralisateurs, de médias avides ou de gourous ineptes, tous
prêts à se placer d'abord quitte à mettre la société en péril en
montrant le mauvais exemple. Il serait bon que certains nous mettent de
temps en temps les points sur les « i », que l'on nous recadre un peu en
nous montrant que nous sommes en train de nous enfoncer en plein délire
social.
Si l'on dresse le portrait robot du philosophe idéal, on se
trouve face à un véritable casse-tête. Ce dernier devrait être capable
des choses suivantes...



Faudra attendre le prochain épisode pour connaître la liste.
RépondreSupprimerEn attendant, je réfute absolument l'idée que "le métier semble terriblement déserté" (oui: le métier!). En France, ils sont prolifiques et prolixes. Ils se montrent tout le temps: à la télé, aux unis pops, en Libye, en Israël ou au bras de Carla Bruni. Et ils publient tout le temps... Au féminin aussi, elles peuvent être très Aga-çantes, par exemple en influençant la pensée d'un candidat malheureux à la présidence. Bon, pas besoin de les lire!
En revanche, l'Allemagne qui a donné naissance à de vrais philosophes (il y en avait en France aussi, au temps passé) a la chance de lire, entendre et voir un jeune philosophe très engagé dans l'étude de l'économie, de la politique, des sciences actuelles et de l'écologie: Richard David Precht, pas moche à regarder, pas m'as-tu vu et pourtant très disponible pour tout débat important. En plus: ce qu'il écrit est compréhensible, fascinant, engagé sur les valeurs qui comptent.
Trois de ses volumes sont traduits en français: "Qui suis-je et, si je suis, combien?" (en Pocket), "Amour, déconstruction d'un sentiment" où l'on comprend bien qu'il n'a ni sa queue ni sa langue dans la poche, et le dernier en date que je suis en train de lire, bien que je le suive régulièrement sur la TV allemande: "L'art de ne pas être égoïste (pour une éthique responsable).
Vive la philo lorsque qu'elle n'est ni sarcastique ni élitaire.