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mercredi 18 juillet 2012

Comment naît le besoin de philosopher?


"Lorsque la force de l'unification disparaît de la vie des hommes, que les oppositions ont perdu leur relation et leur intéraction vivantes et acquis l'autonomie, alors naît le besoin de philosopher." Hegel.

Il y a besoin de philosopher parce que l'unité est perdue. L'origine de la philosophie, c'est la perte de l'un, c'est la mort du sens.

La philosophie naît en même temps que quelque chose meurt. Ce quelque chose c'est le pouvoir d'unifier.

La philosophie naît dans le deuil de l'unité, dans la séparation et l'incohérence. La scission est la source du besoin de philosophie.

Les contraires que nomme Hegel sont l'esprit et la matière, l'âme et le corps.

Les oppositions qui étaient autrefois significatives (sous la forme de couples esprit-matière sont, avec la progression de la culture passées dans la forme des oppositions entre raison et sensibilité, intelligence et nature, c'est à dire par rapport au concept universel, entre subjectivité absolue et objectivité absolue.

La perte, c'est celle de Socrate, quand les Athéniens ne voulurent plus entendre la voix par laquelle le manque de sens s'exprime et s'attaque aux hommes et aux choses.

De plus, il y a une histoire de la philosophie, une histoire du désir pour l'Un. Cette histoire veut dire qu'il y a une succession discontinue de pensées ou de paroles recherchant l'unité :  de Descartes à Kant les mots changent mais la pensée qui circule dans les mots les tient ensemble.

Cette discontinuité témoigne contradictoirement d'une continuité. Le travail de déprise et de reprise qui s'effectue d'un philosophe à l'autre signifie au moins que l'un et l'autre sont habités par le même désir, par le même manque.
La preuve de la vraie unité de l'oeuvre du philosophe, c'est le désir qui procède de la perte de l'unité. La discontinuité règne dans l'histoire de la philosophie mais il y a attente de l'unité.

Le désir de l'unité atteste l'unité absente, mais il y a l'unité du désir qui témoigne pour sa présence.

Pourquoi et comment l'unité s'est-elle perdue? Cette question procédait de l'interrogation : "Pourquoi désirer?" laquelle à son tour dérivait de notre problème "Pourquoi Philosopher?"

La perte de l'unité, la scission qui met à l'écart la réalité et le sens n'est pas un événement n'est pas un événement dans l'histoire mais plutôt le motif de la philosophie, avec la perte de l'unité le désir se réfléchit.

L'origine de la philosophie, c'est aujourd'hui.

Le motif, la question de l'unité ne cesse de travailler l'histoire de la philosophie. La philosophie est histoire, par constitution car l'une et l'autre sont en quête de sens.

Nous avons besoin de philosopher car l'unité est perdue et que nous vivons et pensons la scission : nous savons que cette perte est actuelle, présente, pas perdue elle-même et qu'il n'y a pas une unité pour ainsi dire transtemporelle de cette perte.

L'homme est la mesure de toute chose...

 « L'homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont, qu'elles sont, de celles qui ne sont pas qu'elles ne sont pas » .

Il y a trois interprétations de cette phrase. 
La première et la plus ancienne est celle donnée par Platon dans le Théétète, c'est une explication individualiste, car elle ramène la maxime de « l'homme mesure » à la théorie de la perception sensible. 

La seconde, celle de Gomperz, est une interprétation générique qui voit dans « l'homme » non un individu, mais tout le genre humain. 

La troisième interprétation est donnée par
M. Eug. Dupréel: « La maxime n'est l'expression ni d'un scepticisme nihiliste et amoral, ni d'une vue naturaliste de l'homme et de ses facultés natives ; elle signifie que la connaissance ne nous fait pas toucher une nature ou une essence préalable à l'acte de connaître ; il n'y a pas d'être, point de nature dont la connaissance ne serait qu'un reflet ; il y a l'activité des hommes par quoi quelque chose est découpé et fixé dans l'indétermination antérieure une matière amorphe, au sens le plus vague, que nos organes permettent à chacun de nous de sentir et de déterminer indépendamment de la perception des autres ».
 
D'abord cette matière amorphe. Nos sources en parlent d'une manière explicite :
Protagoras est d'avis que l'homme est la mesure de toutes choses Notre homme dit donc que la matière est fluente et que s'écoulant constamment, des accroissements viennent remplacer les portions de matière qui sont détachées ».
 
Le mobilisme universel est une idée commune à Protagoras et à Heraclite. 
« Ce monde qui est le même pour tous, aucun des dieux ou des hommes ne l'a fait ; mais il a toujours été, il est et sera toujours un feu éternellement vivant, qui s'allume avec mesure et qui s'éteint avec mesure ».

« Les transformations du feu sont en premier lieu la mer ; et la moitié de la terre est mer, la moitié vent tourbillonnant ». 

« Toutes choses sont un échange pour du feu et le feu pour toutes choses, de même que les marchandises pour l'or et l'or pour les marchandises ».

Socrate confirme dans le Théétète que ce point de vue était commun à Protagoras et à Heraclite :
« C'est de la translation, du mouvement et du mélange mutuels que se fait le devenir de tout ce que nous affirmons être ; affirmation abusive, car jamais rien n'est, toujours il devient. 
Protagoras dit que la matière est fluente et s'écoule sans cesse, Heraclite qu'elle est un feu éternellement vivant. En employant ces images différentes, les deux auteurs visaient la
même chose : une matière amorphe et indéterminée.
 
Comment pouvons-nous connaître ce monde extérieur, dont nous venons de décrire la nature?
Heraclite : 
« Les yeux et les oreilles sont de mauvais témoins pour les hommes, quand ils ont des âmes barbares ». 
« La pensée est commune aux hommes ». 
« Je me suis cherché moi-même ».
 
Protagoras :
« Évidemment ta question vise ainsi le pair, l'impair et autres déterminations qui s'ensuivent et, pour tout cela, tu demandes au moyen de quel organe corporel nous en avons, par l'âme, la perception »

Protagoras et Heraclite tombent d'accord que les sens ne nous donnent pas l'image fidèle du monde extérieur et par suite ne peuvent être les critères de la vérité. Heraclite attribue une part importante à l'intelligence, par laquelle s'opère en réalité la connaissance. 

Selon Heraclite, les sens ne nous révèlent qu'une partie de la vérité, ils présentent le monde comme multiple, tandis que la raison nous le présente comme un. Les âmes barbares sont en effet celles qui regardent les données de nos sens comme vraies. Protagoras n'identifie nulle part la connaissance avec la sensation.
De ce point de vue, la connaissance ne doit pas nécessairement se faire par l'intermédiaire des sens. 
En résumé on peut dire qu'en ce qui concerne la structure du monde extérieur, Protagoras suit fidèlement l'enseignement des premiers Ioniens et d'Heraclite, et n'y voit pas autre chose qu'une matière amorphe et indéterminée. Quant à la connaissance, elle ne se fait pas uniquement par les sens mais aussi par l'intelligence.

Ce qu'il faut souligner dans la théorie de Protagoras, c'est le fait que l'homme ne constitue pas le centre du monde, mais qu'il est, comme chez Heraclite et les Pythagoriciens, intégré
dans l'ensemble de la réalité. 

Le mobilisme universel est commun à Protagoras et à Heraclite. Les deux philosophes regardent le monde extérieur comme une matière amorphe. La connaissance de ce monde ne se fait pas uniquement par les sens, mais aussi par l'intelligence.
 
C'est notre esprit, tel qu'il est formé par l'éducation, qui arrive à percevoir et à connaître les qualités des choses.

Les présocratiques

 Ce sont les premiers philosophes du monde occidental. Ils inaugurent une nouvelle façon de pensée, ils cessent de répéter ou de commenter les grands poèmes mythologiques pour proposer de l'univers et de sa genèse une explication d'ordre rationnel. Ce ne sont plus des dieux qui gouvernent le monde mais des principes permanents : les nombres, l'eau, l'air, le feu qui n'ont rien de surnaturel. La vérité ne se donne plus dans la révélation mais se conquiert par la confrontation des arguments et des idées.
Pythagore de Samos est persuadé que les nombres sont le principe clef de l'univers tout entier. C'est lui qui a inventé le mot philosophie et c'est aussi un mystique. Il croit en la métempsycose. L'âme, en punition des fautes passées est retenue prisonnière d'un corps. L'incarnation n'est pour l'âme qu'une incarcération provisoire. La mort annonce la renaissance dans un autre corps, jusqu'à ce que l'âme purifiée à la fois par des vertus et pas la pratiques des rites initiatiques, mérite enfin d'être libérée de tout corps.
Empédocle voit dans la matière quatre éléments (la terre, l'eau, l'air et le feu), tandis que les principes moteurs de cet univers seraient la haine qui dissocie et l'amour qui réunit.
Anaxagore pense que les éléments du monde sont ordonnés par une intelligence cosmique, le Noûs.
Pour Héraclite d'Ephèse, tout change, tout s'écoule, la mort succède à la vie, le jour à la nuit, la veille au sommeil, la mobilité universelle.
Pour Parmènide, la mobilité n'est qu'une illusion qui trompe nos sens, ce qui est réel, c'est l'être unique, immobile, immuable, éternel. L'être est, le non-être n'est pas.
Démocrite tente de concilier les deux doctrines pas sa philosophie des atomes éléments éternels dont les combinaisons changeantes sont infinies.
Les sophistes et leur scepticisme engendré par la multitudes des doctrines contradictoires, l'abus de la rhétorique et par l'accroissement de l'individualisme et la décadence des moeurs.
Enfin, Protagoras d'Abdère disait que l'homme est la mesure de toute chose, qu'il n'y a pas de vérité absolue, il n'y a que des opinions relatives à celui qui les énonce.

Penis Neck...

 
Métaphore du phallus
Cette association étudiante basée à Francfort a choisi de diffuser ces visuels sur les réseaux sociaux au début de l'été, avec des visuels forts – des cous levés comme métaphore évidente du sexe masculin – pour accompagner son message: «La première source de contamination au VIH est toujours le sexe sans capote.»

Les Chants de Maldoror, Chant I, section 2

J'ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire. En voyant ces spectacles, j'ai voulu rire comme les autres ; mais, cela, étrange imitation, était impossible. J'ai pris un canif dont la lame avait un tranchant acéré, et me suis fendu les chairs aux endroits où se réunissent les lèvres. Un instant je crus mon but atteint. Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté !
C'était une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d'ailleurs de distinguer si c'était là vraiment le rire des autres. Mais, après quelques instants de comparaison, je vis bien que mon rire ne ressemblait pas à celui des humains, c'est-à-dire que je ne riais pas. J'ai vu les hommes, à la tête laide et aux yeux terribles enfoncés dans l'orbite obscur, surpasser la dureté du roc, la rigidité de l'acier fondu, la cruauté du requin, l'insolence de la jeunesse, la fureur insensée des criminels, les trahisons de l'hypocrite, les comédiens les plus extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les êtres les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel ; lasser les moralistes à découvrir leur coeur, et faire retomber sur eux la colère implacable d'en haut.
Je les ai vus tous à la fois, tantôt le poing le plus robuste dirigé vers le ciel, comme celui d'un enfant déjà pervers contre sa mère, probablement excités par quelque esprit de l'enfer, les yeux chargés d'un remords cuisant en même temps que haineux, dans un silence glacial, n'oser émettre les méditations vastes et ingrates que recélait leur sein, tant elles étaient pleines d'injustice et d'horreur, et attrister de compassion le Dieu de miséricorde. Tantôt, à chaque moment du jour, depuis le commencement de l'enfance jusqu'à la fin de la vieillesse, en répandant des anathèmes incroyables, qui n'avaient pas le sens commun, contre tout ce qui respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer les femmes et les enfants, et déshonorer ainsi les parties du corps consacrées à la pudeur.
Alors, les mers soulèvent leurs eaux, engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ; la peste, les maladies diverses déciment les familles priantes.
Mais, les hommes ne s'en aperçoivent pas. Je les ai vus aussi rougissant, pâlissant de honte pour leur conduite sur cette terre ; rarement. Tempêtes, soeurs des ouragans ; firmament bleuâtre, dont je n'admets pas la beauté ; mer hypocrite, image de mon coeur ; terre, au sein mystérieux ; habitants des sphères ; univers entier ; Dieu, qui l'as créé avec magnificence, c'est toi que j'invoque : montre-moi un homme qui soit bon !... Mais, que ta grâce décuple mes forces naturelles ; car, au spectacle de ce monstre, je puis mourir d'étonnement : on meurt à moins.


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