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lundi 23 juillet 2012

Au marché, ce matin, nous avons acheté des fruits et légumes de saison

Au marché, chez notre petit primeur, nous avons acheté ces fruits et légumes...

Pourquoi des fruits et légumes de saison, pour le goût, le prix, l'environnement,...

Consommer des fruits et légumes de saison permet - outre l’avantage de la fraîcheur pour la qualité des produits - d’éviter les productions lointaines ou délocalisées, avec leurs conséquences sanitaires (utilisation accrue de conservateurs, possibilité d’irradiation), environnementales (énergie, transport, surcroît d’emballages) et sociales (concurrence entre producteurs de la planète, au détriment de l’économie locale).

C'est simple, c'est bon et cela fait du bien. Mais attention, sur les marchés, vous n'avez pas que des producteurs locaux, et parfois vous avez à faire à des marchands qui achètent leurs produits chez de gros distributeurs et ainsi, vous achetez au marché, les mêmes produits que vous auriez acheté dans une grande surface.

Encore 5 minutes de gagner...


Ce matin, selon le programme que vous trouverez sur le tags : jogging, j'ai gagné encore 5 minutes d'entraînement, je ne dis pas de course car je ne suis toujours pas capable d'autre chose que de courir en fractionné. 
Beau temps, température autour de 20°c.
Pas de prise,  ni de perte de poids, mais ce n'est pas l'objectif comme je l'ai dit : manger sans se restreindre...en qualité et en quantité.
Donc l'avantage immédiat, c'est que je mange autant de glace que je veux, sans prendre un gramme.
La gourmandise, mon plus gros problème, pas gros mangeur mais grand gourmand.
Tout cela pour dire que j'en suis à 40 minutes d'entraînement.
Aujourd'hui, difficile de se débarrasser du point de côté, le vrai celui au niveau du diaphragme, pour les autres types de point de côté, lire : ici et soyez vigilant. Sans doute que je pars trop vite, et que ma respiration en tant qu'asthmatique, reste trop haute et pas assez avec l'abdomen.
Bref, il est parti voir ailleurs au bout d'une quinzaine de minutes et là, c'était beaucoup plus agréable et les foulées plus grande et rapide. J'aime ce moment où la sensation change et que tout d'un coup la foulée est facile et puissante.
Il y a quelques années lorsque je courrais vraiment beaucoup en ayant arrêté de fumer, à partir de 20, 25 minutes de courses j'aurai franchi des montagnes sans soucis, avec une nouvelle baisse à partir d'une heure de course, il fallait attendre à nouveau la remontée et rester vigilant contre les chutes et les accidents. Ce dialogue métabolique avec le corps, je ne l'ai pas encore vraiment retrouvé, le moment où mon organisme puisse dans mes reserves et fournis au corps l'énergie nécessaire à la course. Car c'est cela qui se passe! 
Bref, j'en suis loin encore!
J'en suis seulement à tenir mon jogging quotidien avec une augmentation du temps à chaque fois.
Même hier après la randonnée, je suis allé courir seulement 20 minutes mais quand même.
Je reste vigilant sur les douleurs, pas les courbatures, les autres, par exemple, hier en randonnée, je me suis tordu la cheville, et aujourd'hui, j'avais au début mal dans le genoux, donc on verra, s'il faut j'irai voir mon ostéo, pour qui regarde çà...mais chevilles ne tiennent plus depuis longtemps, je ne fais plus d'entorses mais de petits déplacements peuvent avoir des conséquences ailleurs, restez vigilants et à l'écoute, rien de grave mais si je veux aller loin, il faut que faire en sorte que la monture ne souffre pas...


Quelques pompes matinales avec Adam?

But de l'exercice
Tout le monde à déjà pratiqué cet exercice de musculation au moins une fois, c'est un classique du genre, qui permet de travailler l'ensemble du buste.

Muscles ciblés
Il sollicite principalement le grand pectoral, le deltoïde antérieur et les triceps. D'autres muscles participent pour maintenir l'équilibre notamment les abdominaux.

Exécution de l’exercice, vidéo sur : http://www.musculaction.com/pectoraux-exercice-4.htm
Position de départ au sol, écartement des mains supérieur à la largeur des épaules. Descendre le buste jusqu'à frôler le sol avec la tête, en gardant les abdominaux sous tension. Revenir à la position de départ.
Les petits pectoraux de Narcissius

Respiration
Inspirez lors de la descente et expirez lorsque vous revenez à la position de départ.

Consignes de sécurité
Garder les abdominaux sous tension pendant le mouvement pour ne pas cambrer au niveau des lombaires (gainage).

Variantes
Plusieurs variantes de cette exercice de musculation sont possibles. Il est possible de :
  • Poser les genoux au sol pour rendre l'exercice moins difficile. Si vous n'êtes pas encore capable de faire des pompes, cette astuce facilitera l'exercice et vous pourrez plus tard passer à la version normale.
  • Rapprocher les mains pour plus solliciter les triceps et l'intérieur des pectoraux (partie sternale). L'exercice est alors beaucoup plus difficile et les triceps sont mis à rude épreuve.
  • Surélever les pieds pour plus porter le travail sur le haut des pectoraux. Vous pouvez poser les pieds sur un support
  • Réaliser l'exercice avec un seul bras en écartant bien les cuisses pour maintenir l'équilibre. Cette version est particulièrement difficile car tout le poids repose alors sur un seul bras. Echauffez-vous avec quelques séries longues de pompes avant de passer à la version un bras.

J'observe...

Deux phrases, deux logiques, deux républiques, deux sociétés...

"Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres", Nicolas Sarkozy.

"...Toutes les idéologies d’exclusion, toutes les formes d’intolérance, tous les fanatismes, la xénophobie, qui tentent de développer la logique de la haine, trouveront la République sur leur chemin", François Hollande.

L'homme se rencontre dans la vérité, et la repentance est minimum pour reconnaître pour soi-même que l'acte commis fut néfaste. Ainsi la République qui se retrouve, est plus forte. Se repentir n'est pas effacer, c'est humblement, reconnaître ses failles, et par là s'ouvrir aux autres. L'illusion serait de croire que la repentance est une haine de soi, l'inverse est d'abord la négation de sa propre identité et au-delà le rejet de l'autre.
Il n'y a pas des mémoires, mais une mémoire, celle de l'humanité, l'Europe et ses valeurs sont en perdition, et l'angoisse l'amène à se refermer sur des idées étriquées alors que la lumière de son message humaniste inonde le monde. Que la République et la nation des droits de l'homme réactualise son message au monde est plutôt une bonne nouvelle. Nous ne sommes pas les plus forts, nous ne le sommes plus, le monde est aujourd'hui dirigé par des pouvoirs qui dépassent l'humain. Que l'homme au travers de la République soit remis au centre est un message. Entendons-le tel qu'il est.


Socrate et Alcibiade

Puis donc qu'il est le fils de Poros et Pénia, Éros se trouve dans la condition que voici. D'abord, il est toujours pauvre, et il s'en faut de beaucoup qu'il soit délicat et beau, comme le croient la plupart des gens. Au contraire, il est rude, malpropre, va-nu-pieds et il n'a pas de gîte, couchant toujours par terre et à la dure, dormant à la belle étoile sur le pas des portes et sur le bord des chemins, car, puisqu'il tient de sa mère, c'est l'indigence qu'il a en partage. À l'exemple de son père en revanche, il est à l'affût de ce qui est beau et de ce qui est bon, il est viril, résolu, ardent, c'est un chasseur redoutable ; il ne cesse de tramer des ruses, il est passionné de savoir et fertile en expédients, il passe tout son temps à philosopher, c'est un sorcier redoutable, un magicien et un expert. (203c-d)

Il faut ajouter que par nature il n'est ni immortel ni mortel. En l'espace d'une même journée, tantôt il est en fleur, plein de vie, tantôt il est mourant ; puis il revient à la vie quand ses expédients réussissent en vertu de la nature qu'il tient de son père ; mais ce que lui procurent ses expédients sans cesse lui échappe ; aussi Éros n'est-il jamais ni dans l'indigence ni dans l'opulence. Par ailleurs il se trouve à mi-chemin entre le savoir et l'ignorance. (203d-e)

L'AMI : D'où viens-tu, Socrate ? Sans doute de la chasse à la beauté d'Alcibiade ? Je l'ai vu justement avant-hier et, c'est vrai, j'ai trouvé que c'était un bel homme. Mais un homme, Socrate, soit dit entre nous, avec déjà toute cette barbe qui lui pousse au menton !
SOCRATE : Et alors ? N'es-tu pas toi-même un admirateur d'Homère, qui a dit que le plus bel âge était celui de la première barbe, c'est-à-dire précisément l'âge d'Alcibiade ? (309a)

[…] il jeta sur moi des yeux que je ne saurais décrire et s'apprêta à m'interroger, et […] tous ceux qui étaient dans la palestre firent cercle autour de nous. C'est alors, mon noble ami, que j'entrevis l'intérieur de son vêtement : je m'enflammai, je ne me possédai plus et j'ai compris que Kydias était très versé dans les choses de l'amour, lui qui a donné ce conseil, en parlant d'un beau garçon : « Prends garde qu'un jeune faon rencontrant un lion ne se fasse arracher un morceau de chair ». De fait, j'avais l'impression d'être moi-même tombé sous les griffes d'une créature de cette espèce. (155c-d-e)

Toi, moi, nous deux ensemble, sommes amoureux : moi, j'aime Alcibiade, fils de Clinias, et la philosophie ; toi, tu aimes Démos, le peuple d'Athènes et le fils de Pyrilampe. (481d)

SOCRATE : Fils de Clinias, tu es étonné, je pense, que moi qui ai été ton premier amoureux, je sois le seul à ne pas m'être éloigné quand tous les autres s'en sont allés, mais aussi que je ne t'ai pas même adressé la parole pendant tant d'années, alors que les autres t'importunaient par leurs entretiens. La cause n'en était pas humaine, mais c'était quelque opposition inspirée par un démon, dont tu apprendras plus tard la puissance. Mais maintenant qu'il ne s'y oppose plus, je suis venu à toi et j'ai espoir qu'il ne me retienne plus dorénavant. (103a-b)

Mais je vais maintenant te révéler à toi-même tes pensées et tu verras combien j'ai persévéré à t'observer. Si quelque dieu te disait : « Alcibiade, que veux-tu ? Continuer à vivre ayant ce que tu as maintenant, ou mourir à l'instant même, s'il ne t'était pas possible d'acquérir davantage, », il me semble que tu préférerais mourir. Mais maintenant quel espoir te porte ? Je vais te le dire. Tu penses que si assez vite tu t'avançais pour prendre la parole devant le peuple athénien — et tu le penses possible d'ici peu — t'étant donc avancé vers eux, tu prouverais aux Athéniens que tu mérites d'être honoré comme ni Périclès ni personne d'autre avant lui ne l'a été, et qu'ayant fait cette démonstration tu serais tout-puissant dans la cité. (105a-b)

SOCRATE : N'a-t-il pas été dit au sujet de ce qui est juste et injuste que le bel Alcibiade, le fils de Clinias, ne savait pas, mais croyait savoir et était sur le point d'aller à l'assemblée pour donner des conseils aux Athéniens sur ce qu'il ignorait complètement ? N'était-ce pas cela ?
ALCIBIADE : C'est manifeste. (113b)

Or, comme je croyais qu'il était sérieusement épris de la fleur de ma jeunesse, je crus que c'était pour moi une aubaine et une chance étonnante ; je m'étais mis dans l'idée qu'il me serait possible, en accordant mes faveurs à Socrate, d'apprendre de lui tout ce qu'il savait ; car, bien entendu, j'étais extraordinairement fier de ma beauté. (217a)

Je me soulevai donc, et, sans lui laisser la possibilité d'ajouter le moindre mot, j'étendis sur lui mon manteau — en effet c'était l'hiver —, je m'allongeai sous son grossier manteau, j'enlaçai de mes bras cet être véritablement divin et extraordinaire, et je restai couché contre lui toute la nuit. (219b-c)

…] quand, en voyant la beauté d'ici-bas et en se remémorant la vraie (beauté), on prend des ailes et que, pourvu de ces ailes, on éprouve un vif désir de s'envoler sans y arriver, quand, comme l'oiseau, on porte son regard vers le haut et qu'on néglige les choses d'ici-bas, on a ce qu'il faut pour se faire accuser de folie. Conclusion : […] c'est parce qu'il a part à cette forme de folie que celui qui aime les beaux garçons est appelé « amoureux du beau ». (249d-e).

[…] celui-là, quand il lui arrive de voir un visage d'aspect divin, qui est une heureuse imitation de la beauté, ou la forme d'un corps, commence par frissonner […]. Puis, il tourne son regard vers cet objet, il le vénère à l'égal d'un dieu et, s'il ne craignait de passer pour complètement fou, il offrirait au jeune garçon des sacrifices comme à la statue d'un dieu, comme à un dieu. Or, en l'apercevant il frissonne, et ce frisson, comme il est naturel, produit en lui une réaction, il se couvre de sueur car il éprouve une chaleur inaccoutumée. En effet, lorsque par les yeux, il a reçu les effluves de la beauté, alors il s'échauffe et son plumage s'en trouve vivifié ; et cet échauffement fait fondre la matière dure qui, depuis longtemps, bouchait l'orifice d'où sortent les ailes, les empêchant de pousser. Par ailleurs, l'afflux d'aliment a fait, à partir de la racine, gonfler et jaillir la tige des plumes sous toute la surface de l'âme. En effet l'âme était jadis tout emplumée ; la voilà donc, à présent, qui tout entière bouillonne, qui se soulève […] (251a-b)

Chaque fois donc que, posant ses regards sur la beauté du jeune garçon et recevant de cet objet des particules qui s'en détachent pour venir vers elle — d'où l'expression « vague du désir », l'âme est vivifiée et réchauffée, elle se repose de sa souffrance et elle est toute joyeuse. (251c)

Et, prise de folie, elle ne peut ni dormir la nuit ni rester en place le jour, mais sous l'impulsion du désir, elle court là où, se figure-t-elle, elle pourra voir celui qui possède la beauté. (251e)

Il crut découvrir dans la nature, organique et inorganique, animée et inanimée, quelque chose qui ne se manifestait que dans la contradiction, et qui ne se laissait donc pas ramener à un concept et encore moins à un terme. Ce n'était pas divin, puisqu'il semblait irrationnel ; pas humain, puisqu'il ne relevait pas de l'entendement ; pas satanique, puisqu'il était bienfaisant, ni angélique, puisqu'il trahissait souvent une joie maligne. Il tenait du hasard, car il n'aboutissait à rien ; il ressemblait à la Providence, car il laissait entrevoir une certaine cohérence. Tout ce qui nous limite semblait pénétrable par lui ; il paraissait disposer arbitrairement des éléments nécessaires de notre existence ; il resserrait le temps et il étendait l'espace. Il semblait ne se plaire que dans l'impossible, et repousser le possible avec mépris.


Socrate

Homme de la parole philosophique en cette époque du « siècle de Périclès » féconde entre toutes pour l'histoire de la pensée en Occident, Socrate fit de l'intelligence l'instrument d'une quête méthodique de la vérité. Son enseignement, propagé par les dialogues de Platon, fut si déterminant que la vie de l'esprit en fut à jamais transformée.

La Vie de Socrate
Né dans un milieu modeste, Socrate a pour père Sophronisque, un simple sculpteur, et pour mère Phainarète, qui exerce la profession de sage-femme. Voué lui-même au métier de sculpteur, il l'abandonne pour se consacrer à la philosophie. Sa vie consiste alors à discuter avec ses concitoyens, en déambulant où que ce soit dans Athènes, mais de préférence sur l'agora (centre religieux, politique et commercial de la ville grecque antique).
   De la vie de Socrate peu de choses nous sont parvenues. On sait qu'il a eu trois enfants (Lamproclès, Sophonisque et Ménéxène) d'un ou de trois mariages. On sait aussi qu'il n'est sorti que quatre fois d'Athènes : en 432-429 avant J.-C. pour la bataille de Potidée, en 424 pour la bataille de Délium, en 422 pour l'expédition d'Amphipolis et à une date incertaine pour aller consulter l'oracle de Delphes.

Socrate, le professeur
À une époque où fleurissent les « maîtres de savoir » professionnels, il ne se prétend pas fondateur d'école et, s'il a des disciples, jeunes gens fortunés – Platon, Alcibiade, Xénophon – ou simples artisans, c'est qu'ils viennent spontanément s'entretenir avec lui. Il n'écrit rien mais il le dit lui-même : « Si on me pose des questions, j'y réponds ; si on préfère que j'en pose, je m'exécute. »
   À la différence des sophistes, professeurs itinérants, Socrate ne fait pas payer ses leçons. Il a la réputation de vivre dans la pauvreté. Mais, pendant la guerre du Péloponnèse, il sert comme hoplite (fantassin lourdement armé), ce qui sous-entend qu'il dispose d'un minimum de bien. À la guerre, il fait preuve de sa valeur mais aussi de son endurance. Alcibiade en témoigne : « Il ne ressemble à aucun homme, ni des temps anciens, ni des temps actuels. » Il peut aussi, de l'aube d'un jour à l'aube du jour suivant, rester « planté comme une souche » afin de trouver la solution au problème qu'il se pose.

Socrate et Alcibiade
Pupille de Périclès, Alcibiade faisait partie de la jeunesse dorée d'Athènes qui n'avait que vénération pour Socrate – un homme aux traits disgracieux (d'un avis unanime) mais à l'esprit supérieur. Durant la guerre du Péloponnèse, il fut deux fois son compagnon d'armes, lors de la bataille de Potidée, où Socrate lui sauva la vie, puis lors de la bataille de Délium, où c'est lui qui se porta au secours de Socrate.
   Pour Socrate comme pour Platon, qui fit d'Alcibiade l'un des protagonistes du Banquet et le héros de tout un dialogue (Alcibiade, sous-titré De la nature de l'homme), le jeune aristocrate incarnait l'idéal grec du kalos kagathos, selon lequel la beauté du corps était le reflet de la noblesse de l'âme. Hélas ! L'arriviste qui sommeillait en lui précipita la ruine d'Athènes en provoquant l'expédition de Sicile de 415 avant J.-C., devenant ainsi, selon le mot de Jacqueline de Romilly, le « beau fossoyeur » de sa patrie.

Socrate vu par les Athéniens
Trois de ses contemporains parlent de Socrate. Aristophane le ridiculise dans les Nuées (423 avant J.-C.). Platon a vingt ans quand il rencontre Socrate. Des huit années qu'il passe auprès de lui, tous les dialogues portent sans doute la trace, mais les premiers sont plus riches en informations (Apologie de Socrate, Criton, le Banquet, Phédon, Théétète). Quant à Xénophon (auteur également d'une Apologie de Socrate), il a fréquenté Socrate à la même époque, mais semble-t-il moins assidûment ; l'intérêt de ses Mémorables s'en ressent. Entre les trois portraits que font ces auteurs, l'accord est loin de régner.
   Sans doute le Socrate d'Aristophane est-il plus jeune, mais, pour avoir le même âge, celui de Platon et celui de Xénophon ne se ressemblent pas. Qu'y a-t-il de commun entre le personnage quelconque évoqué par ce dernier et la figure qui, à travers les dialogues de Platon, dominera toute la philosophie ?

La philosophie de Socrate
L'ironie
Socrate n'a pas toujours la philosophie facile. Face aux esprits exigeants que sont ses interlocuteurs, il doit batailler dur ; s'il se trouve à court d'argument, il s'en veut et parle d'un « démon intérieur » comme d'un contradicteur qui le rappelle à l'ordre. La plupart du temps, il est vrai, c'est lui qui s'amuse de ceux qui l'approchent (l'« ironie socratique») et, s'il le faut, qui les malmène en les poussant dans leurs retranchements. L'enjeu, en effet, dépasse leur personne : c'est l'homme en général que Socrate s'efforce de changer en homo philosophicus. Il faut donc que son raisonnement soit sans défaut pour que sa pensée soit la plus universelle possible, et pour que lui-même ne soit pas seulement un grand homme d'Athènes, « mais du monde », comme le dira Montaigne.

Connais-toi, toi même!
Lors de son voyage à Delphes, Socrate découvre l'injonction inscrite au fronton du temple d'Apollon : « Connais-toi toi-même » (gnôthi seauton). Il en fera la maxime de sa vie, tout entière consacrée à révéler aux consciences ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes et à les faire passer du savoir apparent au savoir vrai.
   La première chose à savoir sur soi-même est en effet l'état d'ignorance où l'on se trouve : « Je sais que je ne sais rien. » Aussi Socrate, comparant sa « sagesse » à celle d'un autre Athénien, déclare-t-il : « Il y a cette différence que, lui, il croit savoir, quoiqu'il ne sache rien ; et que moi, si je ne sais rien, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc qu'en cela du moins je suis un peu plus sage – je ne crois pas savoir ce que je ne sais point » (Apologie de Socrate).

La dialectique et la maïeutique
Pour conduire la jeunesse d'Athènes sur la voie du Vrai, du Beau et du Juste, Socrate met en application une méthode qui repose sur l'art du dialogue contradictoire – la dialectique – et, comme le confirmera Aristote, sur l'« art d'accoucher les esprits » – la maïeutique. C'est ainsi qu'au jeune Théétète médusé, il apprend que son âme (son esprit) est « en butte aux douleurs de l'enfantement » au moment d'accoucher de ses opinions sur la nature de la science. Socrate présidera au « travail » de son âme afin que, de question en question, celle-ci donne naissance à l'opinion vraie – la seule qui ait le droit d'exister.

Le procès de Socrate, l'Apologie
Au lendemain du régime des Trente, qui avait mis à bas la démocratie, celle-ci est restaurée par Thrasybule revenu d'exil. À Athènes, cependant, le climat reste tendu. Indifférent aux honneurs et aux compromissions, Socrate irrite. Par surcroît, son admiration pour Sparte, la cité rivale d'Athènes, le rend suspect. Surtout, il est celui qui, ayant toute sa vie pris le parti de la raison, a ébranlé au moins autant les certitudes que les traditions de ses compatriotes. 
C'est alors que trois citoyens d'Athènes, le tailleur Anytos flanqué du poète Mélétos et du rhéteur Lycon, accusent Socrate d'« avoir honoré d'autres dieux que ceux de la cité et tenté de corrompre la jeunesse », sous le prétexte qu'il y avait parmi les Trente plusieurs de ses anciens élèves.
   Son procès sera celui de la conscience individuelle en butte à l'abus de pouvoir et à la démagogie.
   Se chargeant lui-même de sa défense (qu'exposent en détail les deux textes dits Apologie de Socrate) mais se refusant à invoquer la pitié de ses juges, Socrate est condamné à mort par 281 voix contre 278. À ses amis qui le pressent de s'enfuir, il répond qu'il préfère « subir l'injustice plutôt que de la commettre » : il détruirait la cité s'il ne respectait pas son jugement. Alors, il accepte la coupe de ciguë qui va lui ôter la vie. En ce soir de mars 399 avant J.-C., il aura ces derniers mots : « Je tiens d'une noble tradition qu'il faut en quittant la vie se garder de paroles funestes. »
   Dans l'histoire de la philosophie, la rupture est faite. Il y aura les « présocratiques » et les « postsocratiques ». La science de l'homme qui commence avec Socrate trouvera en Platon puis en Aristote ses féconds continuateurs. Et, plus de 2000 ans après sa mort, Paul Valéry pourra écrire : « Grand Socrate, adorable laideur, toute-puissante pensée, qui changes le poison en un breuvage d'immortalité »(Eupalinos ou l'Architecte).




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