lundi 30 juillet 2012
Bonne nuit
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Narcissius de Thespie
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23:30
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Bonne nuit
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La réalité entière est la langue de Dieu
Or philosopher commence en même temps que Dieu se tait, un temps de la détresse, au temps où l'unité de la multiplicité que forment les choses est perdue.
Un temps où nous sortons des mythes pour expliquer le monde, une temps ou naît la philosophie de la nature, la science, seule discipline non subordonnée à la métaphysique.
Mais la science n'apporte telle pas plus de question que de réponse?
Un théorème a été posé selon lequel aucun système axiomatique n'est complet, des questions se poseront toujours qui ne pourront trouver de réponse.
L'homme ne peut expliquer, comprendre l'ensemble du monde. L'homme n'est pas Dieu, seul Dieu a la connaissance complète et totale. L'homme n'a pas accès à l'infini.
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Narcissius de Thespie
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19:05
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Notre dernière merveille en train de faire une sieste
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Narcissius de Thespie
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18:47
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Parler, penser, communiquer, philosopher
Penser, c'est à dire parler, est peut-être tout entier dans cette inconfortable situation d'avoir à prêter l'oreille au sens chuchoté afin de ne pas le travestir et de devoir pour tout le convertir dans un discours articulé si l'on ne veut pas qu'il s'égare.
Que le sens ne s'égare pas, c'est exactement ce que j'écrivais l'autre jour en regrettant que ma pensée développe plus vite que ma parole ou mes doigts sur le clavier son raisonnement, ce qui la plupart du temps m'amène à ne plus avoir ou j'en suis et ne plus retrouver le "fond de ma pensée et partir sur les développements qui ne conviennent pas. J'aimerai, j'écrivais, avoir ma pensée directement connectée sur le clavier retranscrivant automatiquement les idées qui surviennent.
L'autre difficulté c'est de correctement "prêter l'oreille au sens chuchoté", entendre, ce qui est que ce qui est dit et seulement ce qui est dit, sans interprétation, "travestissement". Dans une communication duelle, on peut parfois "avoir une autre lecture" de ce qui est dit. C'est délicat, problématique, on veut entendre autre chose que ce qui est dit, on pense que l'autre dit autre chose que ce que l'on a entendu. Là entre jeu, d'autres éléments de communication, attitude, intonation, regard, c'est l'ordre de l'intuition et cela mérite d'être précisé, confirmé ou infirmé. Sinon, si la démarche n'est pas faite pour valider ou pas l'impression, la communication n'est plus objective, et l'on perd le sens réel de ce qui a été prononcé.
Si penser peut être vrai, c'est pour autant qu'il n'y a pas une substance, ou une faculté, ou une fonction, pensante, indépendante de ce qu'elle pense. C'est au contraire de la mesure où c'est à la chose pensée elle-même, en personne que la parole est donnée. Cette correction à l'avantage de nous débarrasser des impasses que le dualisme ou le subjectivisme apposent à l'intelligence de la pensée, et de nous épargner les monotones, les argumentations sur l'antériorité de l'esprit sur la matière, du sujet sur l'objet ou l'inverse.
La communication implique l'échange des rôles, implique que je ne sois pas seulement moi-même avec mes raisons et mes passions, mais aussi l'autre avec les siennes, et encore implique que l'autre soit aussi moi, donc que l'autre soi autre que lui-même. Alors nous pouvons faire ensemble une parole, nous faisons une harmonie.
On ne pourra jamais comprendre que la communication soit possible si on a commencé par enfermer chaque message, celui d'autrui et le mien, dans nous subjectivités respectives.
Mais parler, qui est penser, est immédiatement communication, c'est-à-dire porte avec soi la capacité d'être de l'autre côté du moi, au dehors pour ainsi dire.
Ainsi, la parole vient de plus loin et de plus profond que du parleur lui-même, qu'elle enveloppe les interlocuteurs dans une même aire de signes et qu'elle est déjà d'une manière inarticulée présente à ce qui n'est pas encore dit.
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Narcissius de Thespie
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16:54
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La philosophie
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Frederick Bousquet, l'absent des JO
Frederick Bousquet: Frederick Bousquet, born April 8, 1981 in Perpignan, France, is a French freestyle and butterfly swimmer.Bousquet was the holder ...
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Narcissius de Thespie
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15:30
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JO
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Narcissius de Thespie
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14:31
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Manifeste de l’homme résolu. Pour changer le monde, changez-vous et proclamez-le !
Le temps du soulèvement des hommes résolus et pacifiques est arrivé. Ce n’est pas la révolution mais la Résolution Pacifique ! L’heure n’est plus à la démonstration que l’idéologie dominante, le néolibéralisme, le capitalisme, est un système fondamentalement nocif pour l’humanité et son habitat : la planète Terre. Persuadé de cette vérité depuis une vingtaine d’années, j’écris pour proposer des solutions alternatives. L’idée ici est de rassembler propositions d’actions et liens vers des documents subversifs. Bref, un mémento pour l’homme (et la femme) Résolu et Pacifique du 21e siècle.
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Narcissius de Thespie
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13:30
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Agoravox
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Nos hortensia, et c'est une partie de la haie!
L’ hortensia est sans aucun doute l’un des plus beaux arbustes à fleurs.
De culture et d’entretien facile, les hortensias émerveillent durant tout l’été avec leurs magnifiques fleurs qui vont du rose au bleu.
En résumé, ce qu’il faut savoir :
Nom : Hydrangea
Famille : Hydrangeacées
Type : Arbuste
Hauteur: 1 à 2 m
Exposition : Mi-ombre et ombre
Sol : Terre mélangée à de la terre de bruyère
Feuillage : Caduc
Famille : Hydrangeacées
Type : Arbuste
Hauteur: 1 à 2 m
Exposition : Mi-ombre et ombre
Sol : Terre mélangée à de la terre de bruyère
Feuillage : Caduc
Floraison : Juin à Octobre
Les nôtres sont orientés plein nord au dos d'un bâtiment, arrosage direct à partir du toit du bâtiment. Cette année, ils sont très florifères mais ils sont habituellement très fleuris. Planté à l'origine dans de la terre de bruyères. Le seul entretien tous les ans est de supprimer les fleurs fanées. La semaine dernière, il a quand même fallu leur ajouter un peu d'eau, mais c'est exceptionnel.
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Posséder le "Je"...
« Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir
élève l’homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur
la terre. Par là, il est une personne ; et grâce à l’unité de la
conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est
une seule et même personne, c’est-à-dire un être entièrement différent,
par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans
raison, dont on peut disposer à sa guise ; et ceci, même lorsqu’il ne
peut pas dire Je, car il l’a dans sa pensée; ainsi toutes les langues,
lorsqu’elles parlent à la première personne, doivent penser ce Je, même
si elles ne l’expriment pas par un mot particulier. Car cette faculté
(de penser) est l’entendement.
Il faut remarquer que
l’enfant qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu’assez
tard (peut-être un an après) à dire Je; avant, il parle de soi à la
troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.) ; et il semble
que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je;
à partir de ce jour, il ne revient jamais à l’autre manière de parler.
Auparavant il ne faisait que se sentir; maintenant il se pense. » Kant
Anthropologie du point de vue pragmatique, I,1 d’Emmanuel Kant.
En effet pour Kant ce pouvoir élève l’homme au dessus de tous les autres
êtres vivants, il est à l’origine de la supériorité et de la dignité de
l’homme, c’est par la conscience que l’homme devient un être moral,
autrement dit un être capable de se penser lui-même et donc de
s’interroger sur la nature et la valeur de ses actes.
Dans un premier temps, Kant affirme cette supériorité de l’homme sur les autres êtres vivants « Posséder
le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l’homme infiniment
au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. ». Par ce pouvoir l’homme se constitue comme sujet pensant capable de se saisir soi-même par un retour sur soi de la pensée. « Posséder le Je dans sa représentation »,
cette expression désigne la capacité qu’a l’homme de se penser
lui-même, de se constituer à la fois comme sujet et comme objet de ses
propres pensées, littéralement de se rendre présent à lui-même.
La question à laquelle nous devons maintenant répondre est donc maintenant celle de savoir pourquoi, selon Kant « ce pouvoir élève l’homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre » ? Kant nous dit que c’est par ce pouvoir que l’homme devient « une personne
», ce terme ne peut en effet désigner que l’homme, dans la mesure où il
définit un être morale qui tire sa moralité du fait qu’il reste le même
quels que soient les changements qu’il puisse subir au cours de son
existence. Être une personne, cela signifie former une unité au-delà de
la diversité des états psychologiques du sujet, c’est être un sujet
conscient et un qui reste le même dans le temps du fait même de cette
conscience.
« Grâce à l’unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne
» L’homme est donc un être qui, parce qu’il est en mesure de se penser
lui-même, reste toujours lui-même, quoiqu’il fasse ou qu’il pense, c’est
pourquoi l’on considérera d’ailleurs qu’il est toujours responsable des
actes qu’il a commis, même si ceux-ci sont passés et se sont produits à
une époque durant laquelle le sujet se trouvait dans des conditions
matérielles et psychologiques différentes ; peut-être ne le jugera-t-on
pas de la même façon, mais il sera toujours considéré comme étant en
mesure de répondre de ses actes (ce qui est d’ailleurs le sens littéral
de la notion de responsabilité).
Cette unité de la personne humaine
résultant de la conscience de soi, explique que Kant puisse affirmer de
l’homme qu’il est : « un être entièrement différent, par le rang et
la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison, dont on
peut disposer à sa guise ». En effet, l’homme n’est ni une chose,
ni un animal, c’est un être vivant, mais qui, à la différence de
l’animal, possède une dignité, c’est-à-dire qu’il ne se satisfait
simplement de la seule satisfaction des besoins que lui impose la
nature, il se doit de donner un sens et une valeur à son existence en
poursuivant d’autres buts, en cherchant à réaliser des valeurs morales
qui lui sont dictées par sa raison (générosité, courage, justice) et
qu’il doit respecter lorsqu’il agit en étant le seul sujet de ses
actions.
Certes, tous les hommes n’agissent pas
conformément à ces valeurs, peut-être même sommes nous le plus souvent
tentés d’agir en nous laissant dominer par nos intérêts égoïstes plutôt
que par le respect des devoirs que nous dicte notre conscience ; mais
n’est-ce pas précisément notre conscience qui nous donne la possibilité
de faire le choix de résister à ces tentations, qui nous donne la
liberté d’agir moralement ou non ? Et c’est précisément de cette liberté
et des choix qu’elle rend possible que naît notre mérite qui fait notre
dignité, ou au contraire si nous nous laissons dominer par des
impulsions irrationnelles et déraisonnables, elle nous rend fautifs face
à l’humanité qui est en nous et que nous n’avons pas respectée.
C’est la raison pour laquelle l’homme n’est pas une chose « comme le sont les animaux sans raison, dont on peut disposer à sa guise
», c’est parce que la conscience lui donne ce pouvoir de dire je, cette
capacité de se penser soi-même qui fait de lui un être libre et
responsable et non un simple objet mû par les lois de la mécanique et la
puissance aveugle de l’instinct, que l’homme est une personne, un sujet
moral.
Cette capacité, tout homme la possède
nous dit Kant, « et ceci, même lorsqu’il ne peut pas dire Je, car il l’a
dans sa pensée; ainsi toutes les langues, lorsqu’elles parlent à la
première personne, doivent penser ce Je, même si elles ne l’expriment
pas par un mot particulier. Car cette faculté (de penser) est
l’entendement. »
Certaines langues peuvent ne pas utiliser
un terme particulier pour dire je (lorsque par exemple la conjugaison
permet de désigner l’auteur de l’action sans qu’il soit nécessaire
d’adjoindre au verbe un pronom personnel), cependant le simple fait de
pouvoir parler à la première personne est la preuve même que ce que nous
appelons le «je» est présent dans l’esprit de tout homme.
« Car cette faculté (de penser) est l’entendement.
», ce pouvoir désigne en effet la capacité qu’a l’homme de penser et de
se penser et le mot «je» n’est qu’un terme commode pour désigner cette
capacité. Cette capacité, bien qu’inscrite dans la nature de l’homme,
n’apparaît pas spontanément dès sa naissance, c’est d’ailleurs la raison
pour laquelle l’enfant même lorsqu’il commence à parler n’est pas en
mesure de s’exprimer à la première personne.
Le pouvoir que possède le sujet humain de
se penser lui-même n’existe initialement que sous forme de
potentialité, il est présent en germe dans l’esprit de l’enfant et ne
s’éveille que grâce aux stimulations du monde extérieur, c’est pourquoi :
« l’enfant qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu’assez tard (peut-être un an après) à dire Je »
En effet, comme le fait remarquer Kant, « avant, il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.)
», autrement dit, même lorsqu’il sait parler, il ne se perçoit tout
d’abord que comme un objet, cela signifie d’ailleurs que le fait de dire
«je» ne provient pas seulement d’un progrès dans la maîtrise du
langage, mais également d’un progrès sur le plan existentiel et
psychologique.
Cette acquisition plutôt tardive (cet
événement apparaît généralement vers l’âge de trois ans), se manifeste
comme une sorte d’éveil du sujet à lui-même, éveil qui le fait entrer
dans un univers nouveau duquel il ne pourra plus sortir, dans le mesure
où il fait un saut qualitatif irréversible en ce qui concerne la
perception qu’il a de lui-même et de sa place dans le monde.
« Et il semble que pour lui une lumière
vienne de se lever quand il commence à dire Je; à partir de ce jour, il
ne revient jamais à l’autre manière de parler. » Ce passage à la
conscience de soi est donc décisif dans la mesure où l’enfant devient
réellement humain, il accède ainsi à une perception de soi qui n’est
plus immédiate et simplement sensible, mais qui se situe au niveau
supérieur de la représentation par la pensée. Ainsi le sujet peut
prendre une distance suffisante par rapport à lui-même afin de juger de
la portée de ses actes et de ses pensées, ce qui fait de lui un sujet
moral, ce qui définit son humanité.
Pour conclure, disons que l’intérêt de ce texte est donc de montrer en
quoi la conscience de soi est pour l’homme la condition de sa liberté et
donc de sa dignité morale, « Posséder le Je dans sa représentation
» c’est pouvoir se penser soi-même, prendre un recul par rapport à soi
qui donne à l’homme la capacité de choisir, et ce pouvoir de choix fait
que nous sommes nécessairement responsables de nos actes, que nous
sommes en mesure d’échapper au déterminisme naturel pour poursuivre des
fins dont seul l’homme peut reconnaître la valeur.
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Narcissius de Thespie
à
12:44
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Kant,
La philosophie
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Le
poète exprime, le sage médite, le juste agit ; mais
celui qui se pose au bord des mondes divins, prie ; et sa prière
est à la fois parole, pensée, action ! Oui, sa prière
enferme tout, elle contient tout, elle vous achève la nature,
en vous en découvrant l'esprit et la marche.
Blanche et lumineuse
fille de toutes les vertus humaines, arche d'alliance entre la terre
et le ciel, double compagne qui tient du lion et de la colombe, la
prière vous donnera la clef des cieux. Hardie et pure comme
l'innocence, forte comme tout ce qui est un et simple, cette Belle
Reine invincible s'appuie sur le monde matériel, elle s'en est
emparée ; car, semblable au soleil, elle le presse par un cercle
de lumière.
L'univers appartient à qui
veut, à qui
sait, à qui peut prier ; mais il faut vouloir, savoir et pouvoir
; en un mot posséder la force, la sagesse et la foi. Aussi la
prière qui résulte de tant d'épreuves est-elle
la consommation de toutes les vérités, de toutes les
puissances, de tous les sentiments. Fruit du développement laborieux,
progressif, continu de toutes les propriétés naturelles
animé par le souffle divin de la Parole, elle a des activités
enchanteresses, elle est le dernier culte ; ce n'est ni le culte matériel
qui a des images, ni le culte spirituel qui a des formules ; c'est
le culte du monde divin.
Nous ne disons plus de
prières, la
prière s'allume en nous, elle est une faculté qui s'exerce
d'elle-même ; elle a conquis ce caractère d'activité qui
la porte au-dessus des formes, elle relie alors l'âme à Dieu,
avec qui vous vous unissez comme la racine des arbres s'unit à la
terre ; vos veines tiennent aux principes des choses, et vous vivez
de la vie même des mondes.
La prière donne
la conviction extérieure en vous faisant
pénétrer le monde matériel par la cohésion
de toutes vos facultés avec les substances élémentaires
; elle donne la conviction intérieure en développant
votre essence et la mêlant à celle des mondes spirituels.
Pour parvenir à prier ainsi, obtenez un entier dépouillement
de la chair, acquérez au feu des creusets de la pureté du
diamant, car cette complète communication ne s'obtient que par
le repos absolu, par l'apaisement de toutes les tempêtes.
Oui,
la prière, véritable aspiration de l'âme entièrement
séparée du corps, emporte toutes les forces et les applique à la
constante et persévérante union du visible et de l'invisible.
En possédant la faculté de prier sans lassitude, avec
amour, avec force, avec certitude, avec intelligence, votre nature
spiritualisée est bientôt investie de la puissance.
Comme
un vent impétueux ou comme la foudre, elle traverse tout et
participe au pouvoir de Dieu. Vous avez l'agilité de l'esprit
; en un instant, vous vous rendez présent dans toutes les régions,
vous êtes transporté comme la Parole même d'un bout
du monde à l'autre. Il est une harmonie, et vous y participez
! il est une lumière, et vous la voyez ! il est une mélodie,
et son accord est en vous.
En cet état, vous sentirez votre
intelligence se développer, grandir, et sa vue atteindre à des
distances prodigieuses : il n'est en effet ni temps, ni lieu pour l'esprit.
L'espace et la durée sont des proportions créées
pour la matière, l'esprit et la matière n'ont rien de
commun.
Quoique ces choses s'opèrent
dans le calme et le silence, sans agitation, sans mouvement extérieur
; néanmoins tout
est action dans la prière, mais action vive, dépouillée
de toute substantialité, et réduite à être,
comme le mouvement des mondes, une force invisible et pure.
Elle descend
partout comme la lumière, et donne la vie aux âmes qui
se trouvent sous ses rayons, comme la nature est sous le soleil. Elle
ressuscite partout la vertu, purifie et sanctifie tous les actes, peuple
la solitude, donne un avant-goût des délices éternelles.
Une fois que vous avez éprouvé les délices de
l'ivresse divine engendrée par vos travaux intérieurs,
alors tout est dit ! une fois que vous tenez le sistre sur lequel on
chante Dieu, vous ne le quittez plus.
Publié par
Narcissius de Thespie
à
11:30
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Balzac,
Seraphîta
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Jogging, pause
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Narcissius de Thespie
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11:06
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Penser par soi-même
Que veut dire penser par soi-même ? Est-ce penser en dehors de toutes
les influences extérieures ? Est-ce confronter ses idées à l’expérience
de la vie pratique quotidienne ?
Penser par soi-même est le propre d’une démarche philosophique, celle
qui consiste à chercher la vérité individuellement pour arriver à mieux
se connaître soi-même et les autres et agir en toute liberté, selon des
principes applicables en toutes circonstances.
Penser par soi-même n’est pas un acte naturel. Cela exige un effort,
un travail sur soi pour lutter contre ses instincts, ne pas s’attacher à
ses pensées et ne pas subir les influences extérieures. Penser par
soi-même est d’abord un acte d’un individu responsable et autonome. Mais
où se placer pour penser par soi-même ? Dans l’Être ou le paraître ?
Être ou exister ?
Penser par soi-même exige de se placer dans l’Être, le «je suis » et non dans le paraître, «j’existe».
Exister, c’est paraître socialement, commercialement ou
culturellement. C’est se montrer en fonction de la mode, des codes et
des pensées établies. Si l’on place son soi-même dans le «j’existe»,
nous allons toujours agir pour exister et paraître, mais pas pour Être.
Et en même temps que l’on se montre, que l’on montre ce qui est
montrable, on cache son Être derrière les apparences !
Si l’on se place au niveau de l’être, cela veut dire se placer au
niveau de son identité. L’identité n’est pas en relation avec ce qui est
extérieur, c’est-à-dire sa famille, son travail, sa maison, ses biens.
Elle est en rapport avec la partie intime de soi, le centre de soi-même,
le seul lieu où l’on peut trouver la paix, où l’on peut rester objectif
et neutre et faire de bon choix.
Pour Être, il faut se connaître, dominer ses instincts, ses mauvaises
habitudes pour éloigner de soi toute forme de violence et de barbarie.
En clair, entreprendre une démarche intérieure, la fameuse maxime
«connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux», inscrite
sur le fronton du temple de Delphes.
Le philosophe Descartes l’a très bien exprimé dans son «je pense,
donc je suis». «Je suis» veut dire «Être». Pour lui l’acte de penser
nous fait Être. La pensée est associée dans sa partie noble à la
conscience.
«La vraie philosophie nous fait connaître notre propre nature, nous
révèle ce que nous pouvons chercher, et nous habitue à découvrir la
vérité dans toutes sortes de questions.»
Pour se connaître, soi-même, il est indispensable de se libérer des influences extérieures et intérieures.
Se libérer des influences extérieures et intérieures
Penser par soi-même exige de se libérer à tout prix des influences
extérieures (sociales, familiales, éducatives, atmosphériques…) et
intérieures (les instincts mais également les états d’âme, les
passions…). Ajoutons une bonne connaissance intérieure (de soi-même) et
une bonne connaissance extérieure (des autres et du monde qui nous
entoure) et l’acte de penser par soi-même devient un outil encore plus
performant par la pratique de la philosophie.
La philosophie, pour penser par soi-même et pour soi-même
Penser par soi-même est le sens même de la démarche philosophique,
qui n’est ni intellectuelle ni académique. Il s’agit de pratiquer ses
choix de valeurs, ou de connaissance dans la vie quotidienne.
Pour être philosophe, il faut accepter de pratiquer sur soi-même afin
de mieux se comprendre soi-même, les autres et de mieux vivre ensemble.
C’est l’enseignement délivré dans les écoles de philosophie grecques à
la manière classique, que Nouvelle Acropole a repris comme voie
spirituelle de quête de soi.
Le fondateur de l’Ecole du Jardin à Athènes, Épicure, définit l’enseignement pratique par la notion de prudentia ou «petite sagesse».
La prudentia ou la petite sagesse
La prudentia est appelée «la petite sagesse» car elle donne
des conseils pratiques pour la vie de tous les jours (comment organiser
sa journée, comment écrire à un ami…) et permet d’éviter d’agir de façon
impulsive et précipitée. Ne jamais précipiter son jugement, c’est une
méthode d’action. Cela permet d’avoir un contrôle de soi et une parfaite
compréhension des situations, tel est l’intérêt de la prudence que tout
apprenti philosophe devrait appliquer avant d’agir.
Mais pour bien discerner, il faut déjà accepter sa propre ignorance,
accepter de remettre en cause ses idées, surtout celles qui n’ont pas
été vérifiées par la pratique quotidienne.
De l’opinion au jugement
En effet, la connaissance du monde vient de nos propres sens (nos
sensations) et des images mentales que nous nous sommes créées à
l’intérieur de nous et qui sont souvent plus fantaisistes que
créatrices. Ce réseau de sensations et d’images se transforme en
opinions (doxa en grec) qui n’ont de valeur que si elles ont
été vérifiées à la lumière de l’expérimentation. Quand les opinions ont
été vérifiées, elles deviennent alors des certitudes, des jugements, et à
partir de là, on commence à discerner, à penser. Mais attention, car
les certitudes ne sont jamais éternelles, et dans un souci de vérité, le
philosophe doit vérifier si celles-ci sont toujours applicables à tous
moments. Les vérités d’un moment peuvent ne plus être vraies à un autre,
parce que les situations changent.
Quand l’apprenti philosophe applique des connaissances pratiques et
utiles dans sa vie quotidienne, quand il accepte de ne pas agir de façon
précipitée ou impulsive, il commence à penser par lui-même, il se
transforme en Individu, en être responsable et autonome, en citoyen,
comme dirait Platon.
Pour penser par soi-même, il faut également accéder à la tranquillité de l’âme.
La tranquillité de l’âme
Le philosophe Épicure dit que la philosophie est avant tout un mode
de vie et de pensée, basée sur l’ataraxie (l’absence d’agitation, de
trouble et d’anxiété), en clair la tranquillité de l’âme et la paix
intérieure.
Aujourd’hui, pour faire cesser l’agitation, les troubles, les
angoisses et la confusion, certains prescrivent le Prozac et les
neuroleptiques. Épicure, lui préconise la simplification et la réduction
des besoins. Il ne s’agit pas de diminuer seulement les besoins
matériels mais aussi la dépendance vis-à-vis d’autrui, la dépendance
affective et la dépendance vis-à-vis du savoir.
Toutes ces dépendances nous entraînent dans un désir de toujours
plus, restreignent notre liberté extérieure et intérieure et nous
empêchent d’aller au plus profond de soi.
Se mettre en relation avec le plus profond en soi
Penser par soi-même permet d’orienter son existence, de décider de
ses choix, de ses actions et de ses engagements, en se mettant en
relation avec ce qui est le plus profond en soi. Agir en son âme et
conscience, c’est-à-dire en profondeur, implique d’orienter son
existence, en fonction de ses choix.
Cela suppose de pratiquer l’éthique, une vie morale intègre, respectueuse et responsable pour soi et les autres.
Ainsi penser par soi-même implique donc agir et vivre en profondeur,
aller à la cause des choses, contacter le monde intelligible, pour
connaître les lois qui président à l’action de toute chose.
Mener une vie spirituelle, c’est se libérer de l’influence du monde
tout en restant dans le monde, se confronter aux autres, appliquer ce
que Kant appelle la Raison pratique, celle qui nous permet d’agir en
profondeur, avec sens, cohérence et ordre. Cette démarche prend du
temps.
Agir en toute liberté
Penser par soi-même implique nous l’avons vu, de sortir des
dépendances mais également des libertés apparentes ou des fausses
libertés. La liberté apparente consiste à être esclave sans le savoir.
On peut être esclave de son travail, de ses sentiments, de ses besoins.
On a l’impression d’être libre, mais on ne l’est pas en réalité. Citons
comme exemple ceux qui font l’apologie de la solitude mais qui en
réalité la confondent avec l’isolement et la séparativité, qui ne
s’attachent à personne pour ne pas souffrir ou faire croître leurs
sentiments, les méfiants qui doutent de tout parce qu’ils ne sont pas
capables de se faire confiance, ni de faire confiance aux autres, enfin
ceux qui ont toujours peur de perdre quelque chose par manque
d’affirmation de soi.
Il est clair qu’il est indispensable de se sentir libre
extérieurement et intérieurement pour penser par soi-même, à condition
toutefois de faire des choix, de s’engager et de les réaliser. La
liberté est réelle quand on la pratique et pas seulement quand on la
pense. Sans cette liberté intérieure, on ne peut pas penser par
soi-même, sans cette liberté extérieure, on ne peut pas le mettre en
action.
La philosophie peut vraiment nous aider à nous libérer de l’agitation
intérieure et extérieure, à nous libérer des préjugés et de
l’ignorance. Les sociétés qui n’arrivent pas à mettre en pratique leurs
propres décisions seront très troublées, inquiètes, elles auront très
peur ! Alors elles vont réclamer encore plus de sécurité et de
protection et vont devenir dépendantes et soumises à ceux qui vont leur
assurer cette sécurité !
Pour ne pas devenir dépendant de la sécurité et la protection,
effectuons le travail sur soi qui nous permet de penser par et pour
nous-mêmes, dans le cadre d’une vision philosophique. Acceptons
l’impermanence, la contradiction, l’improbabilité, l’incertitude et
l’ignorance comme faisant partie de la réalité.
Avant tout, il faut accepter de sortir de la pensée particulière pour aller vers la pensée universelle.
Du particulier à l’universel
Nous avons généralement tendance à penser au niveau individuel, de
notre égo, à penser de façon analytique, qui découpe, segmente et sort
les choses de leur contexte.
Si nous sortons ce cet état, c’est-à-dire si nous élevons notre
pensée au niveau de ce qui est universel, de ce qui est commun, les lois
universelles de la nature, les principes qui sous-tendent les choses
sensibles, nous pouvons alors appliquer ces principes universels au
niveau particulier de notre vie.
Ainsi penser par soi-même permet d’élever notre pensée et notre
conscience au niveau supérieur, à la connaissance directe, que nous
appelons intuition, ou illumination par les bouddhistes. L’intuition
permet de développer une grande créativité.
Le but de la philosophie est d’épuiser les raisonnements du mental,
de parvenir à une pensée la plus fine possible, pour se connecter avec
le plus profond de l’être et le capter pour agir avec.
Alors, pour penser par soi-même, pratiquons sans relâche la
philosophie dans sa vie quotidienne, pour devenir des êtres libres,
profonds et donner le meilleur de soi-même !
Publié par
Narcissius de Thespie
à
06:54
Libellés :
La philosophie,
Penser
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Bonjour
Publié par
Narcissius de Thespie
à
04:30
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Bonjour
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