samedi 9 février 2013
La métaphysique d'Aristote
Le terme de métaphysique n'apparaît nulle part dans les traités aristotélicien pour caractériser la science recherchée, alors en question pour décrire l'objet dont les traités s'occupent, tantôt la "sagesse" au livre A, tantôt "science de l'être en tant qu'être" au livre Γ, tantôt encore de "philosophie première" ou de "théologie".
Ainsi, il ne va pas de soi de déterminer quel est l'objet des traités aristotéliciens transmis sous le titre non aristotélicien de Métaphysique.
Donc faut-il entendre le préfixe méta dans Métaphysique au sens temporel de "après" ou au sens hiérarchique de "au-delà de" et si la métaphysique venait après la physique ou constituait un domaine supérieur et extérieur à elle.
Aucun de ces deux sens de méta ne correspond rigoureusement au rapport que la science recherchée dans les traités entretient avec la physique ; il vaudrait mieux entendre le méta dans le sens qu'il prend aujourd'hui dans des expressions telle que métalangage. Le méta désigne seulement une différence de niveau dans le traitement du même objet : un métalangage est un langage de niveau supérieur qui a pour objet un autre langage dont il expose les règles et les composantes. La science recherchée se comporte ainsi à l'égard de la physique : elle étudie les mêmes objets que la physique, mais selon la perspective de la seule étude de la forme.
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Narcissius de Thespie
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20:05
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La métaphysique d'Aristote
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Christiane Taubira : "Elle l'a fait!"
“L’acte que nous allons accomplir est beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales. Il est grand comme un besoin de changer d’air, fort comme l’accent aigu d’un appel dans la nuit longue.”
Héraclite, portrait par Nietszche
Heraclite était fier : et quand un philosophe en arrive à la fierté, c'est une grande fierté. Son action ne le porte jamais à rechercher un « public », l'applaudissement des masses ou le chœur adulateur des contemporains. S'en aller solitaire par les rues appartient à la nature du philosophe. Ses dons sont des plus rares, et dans un sens, contre nature, exclusifs et hostiles même à l'égard des dons semblables. Le mur de la satisfaction de soi-même doit être de diamant, pour ne pas rompre ni se briser, car tout est en mouvement contre lui. Son voyage vers l'immortalité est plus semé d'obstacles et d'entraves qu'aucun autre; et pourtant nul ne peut croire plus sûrement que le philosophe qu'il arrivera au but par cette voie — il ne saurait où se tenir sinon sur les ailes déployées de tous les temps; la non-considération des choses présentes et instantanées composant l'essence de la grande nature philosophique. Lui a la vérité : libre à la roue du temps de tourner dans l'un ou l'autre sens : jamais elle n'échappera à la vérité. Il importe d'apprendre que de pareils hommes ont vécu une fois. Jamais l'on n'oserait imaginer la fierté d'Heraclite comme une possibilité oiseuse. Tout effort vers la connaissance paraît, de par sa nature, éternellement insatisfait et insatisfaisant. Aussi nul ne voudra croire s'il n'est renseigné par l'histoire, à la réalité d'une opinion de soi aussi royale que celle que confère la conviction d'être l'unique et heureux prétendant de la Vérité. De pareils hommes vivent dans leur propre système solaire : c'est là qu'il faut aller les trouver. Un Pythagore, un Empédocle, traitaient leur propre personne avec une surhumaine estime, avec une crainte quasi religieuse; mais le lien de la compassion noué à la grande conviction de la migration des âmes et de l'unité de tout ce qui est vivant, les ramenait aux autres hommes, pour le salut de ces derniers. Quant au sentiment de solitude dont était pénétré l'ermite éphésien du temple d'Artemis, on n'en saurait éprouver quelque chose qu'au milieu des sites alpestres les plus désolés. Nul sentiment de toute puissante pitié, nul désir de venir en aide, de guérir ou de sauver n'émane de lui. C'est un astre sans atmosphère. Son œil, dont l'ardeur est toute dirigée vers l'intérieur, n'a qu'un regard éteint et glacial, et comme de pure apparence, pour le dehors. Tout autour de lui les vagues de la folie et de la perversité battent la forteresse de sa fierté : il s'en détourne avec dégoût. Mais de leur côté les hommes au cœur sensible évitent une pareille larve comme coulée de bronze; dans un sanctuaire reculé, parmi les images des dieux, à l'ombre d'une architecture froide, calme et ineffable, l'existence d'un pareil être se conçoit encore. Parmi les hommes, Heraclite, en tant qu'homme, était inconcevable; et s'il est vrai qu'on a pu le voir observant attentivement le jeu d'enfants bruyants, il est vrai aussi que ce faisant il a songé à quelque chose à quoi nul homme ne songe en pareil cas : au jeu du grand entant universel, Zeus. Il n'avait point besoin des autres hommes, pas même pour ses connaissances; il ne tenait point à leur poser toutes les questions que l'on peut leur poser, ni celles que les sages s'étaient efforcés de poser avant lui. Il parlait avec mépris de ces hommes interrogateurs, accumulateurs, bref, de ces hommes « historiques ». « C'est moi-même que je cherchais et explorais », disait-il en se servant d'un terme qui définit l'approfondissement d'un oracle : tout comme s'il eût été le véritable et l'unique exécuteur de la sentence delphique : « Connais-toi toi-même! »
Quant à ce qu'il percevait dans cet oracle, il le tenait pour la sagesse immortelle et éternellement digne d'interprétation, d'un effet illimité dans le lointain avenir, à l'exemple des discours prophétiques de la Sibylle. Il y en a suffisamment pour l'humanité la plus tard venue : pourvu qu'elle veuille seulement interpréter comme une sentence d'oracle ce que lui « n'exprime ni ne cache » tel le dieu delphique. Et encore qu'il l'annonce « sans sourire, sans ornement ni parfum » mais bien plutôt avec « une bouche écumante », il faut que cela parvienne jusqu'aux millénaires de l'avenir. Car le monde a éternellement besoin de la vérité, il a donc éternellement besoin d'Heraclite : quoiqu'Héraclite n'en ait point besoin lui-même. Que lui importe sa gloire?
La gloire chez « les mortels qui sans cesse s'écoulent! » s'est-il écrié avec ironie. Sa gloire intéresse sans doute les humains, elle ne l'intéresse pas lui-même; l'immortalité des humains a besoin de lui, et non pas lui-même de l'immortalité de l'homme Heraclite. Ce qu'il a vu, la doctrine de la loi dans le devenir et du jeu dans la nécessité, doit dès maintenant être vu éternellement : il a levé le rideau sur le plus grand de tous les spectacles. (Sources)
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Narcissius de Thespie
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18:41
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La philosophie,
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Héraclite, l'obscur
Héraclite est universellement reconnu comme le philosophe du devenir, c'est-à-dire du changement perpétuel de toutes choses. Pour lui, rien n'est stable, tout change à tout moment, "tout s'écoule". Même les montagnes, symboles de pérennité, se transforment imperceptiblement sous l'action ininterrompue de l'érosion. Et le plus remarquable est que dans ce mouvement, chaque chose devient autre en restant cependant la même. C'est ce qu'indique la célèbre formule :
"On ne se baigne jamais dans le même fleuve".
Le fleuve dans lequel j'entre aujourd'hui est bien le même que celui dans lequel je suis entré hier, mais ses eaux depuis se sont renouvelées, faisant de lui un fleuve autre. L'image du fleuve s'applique d'ailleurs à l'univers tout entier, dont l'unité toujours renaissante est garantie par le feu primitif. Thalès faisait de l'eau la couse première de toute chose. Pour Héraclite, c'est le feu (lequel évoque à la fois la lutte et la destruction) qui fait figure de substance primordiale. Mais le feu cosmique n'est pas seulement un principe d'ordre physique : c'est aussi un principe d'ordre rationnel, puisque Héraclite assimile le feu au logos - la raison universelle commune à tous les hommes. Gouverné par le logos, chaque phénomène évolue invariablement vers son contraire, dans un mouvement cyclique ou commencement et fin coïncident : le jour engendre la nuit qui engendre à son tour le jour et ainsi de suite...
"On ne se baigne jamais dans le même fleuve".
Le fleuve dans lequel j'entre aujourd'hui est bien le même que celui dans lequel je suis entré hier, mais ses eaux depuis se sont renouvelées, faisant de lui un fleuve autre. L'image du fleuve s'applique d'ailleurs à l'univers tout entier, dont l'unité toujours renaissante est garantie par le feu primitif. Thalès faisait de l'eau la couse première de toute chose. Pour Héraclite, c'est le feu (lequel évoque à la fois la lutte et la destruction) qui fait figure de substance primordiale. Mais le feu cosmique n'est pas seulement un principe d'ordre physique : c'est aussi un principe d'ordre rationnel, puisque Héraclite assimile le feu au logos - la raison universelle commune à tous les hommes. Gouverné par le logos, chaque phénomène évolue invariablement vers son contraire, dans un mouvement cyclique ou commencement et fin coïncident : le jour engendre la nuit qui engendre à son tour le jour et ainsi de suite...
Héraclite est aussi le penseur de la contradiction. L'harmonie du monde résulte en effet de la tension instable des contraires. La vie n'est pas concevable sans la mort, laquelle suppose à son tour la vie. Vie et mort sont tellement nécessaires l'une à l'autre qu'en réalité, elles ne forment qu'un, comme les deux faces d'une même médaille. Dépassant les oppositions suggérées par la langage, Héraclite voit dans la guerre, le père le roi de tout. Sur la lyre, l'harmonie naît de la rencontre du grave et de l'aigu. De même, aucune génération n'est possible chez les animaux sans l'union de deux individus de sexe opposé.
Cette méditation du devenir exercera un profonde influence sur toute l'histoire de la philosophie : Hegel verra dans l'harmonie des contraires les prémisses de la dialectique ; Nietzsche saluera le présocratique Héraclite comme l'un de ses ancêtres.
Mobilisme universel
Publié par
Narcissius de Thespie
à
17:48
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Les présocratiques
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