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samedi 16 février 2013

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La métaphysique d'Aristote : l'examen des opinions sur les causes...suite

Cela vient à la suite de : "La métaphysique, Livre  I, Chapitre III"... Quand on en fut là, la chose elle-même força d'avancer encore, et imposa de nouvelles recherches. Si tout ce qui naît doit périr et vient d'un principe unique ou multiple, pourquoi en est-il ainsi et quelle en est la cause? car ce n'est pas le sujet qui peut se changer lui-même ; l'airain, par exemple, et le bois ne se changent pas eux-mêmes, et ne se font pas l'un statue, l'autre lit, mais il y a quelque autre cause à ce changement. Or, chercher cette cause, c'est chercher un autre principe, le principe du mouvement, comme nous disions. Ceux des anciens qui dans l'origine touchèrent ce sujet, et qui avaient pour système l'unité de substance, ne se tourmentèrent pas de cette difficulté; mais quelques-uns de ces partisans de l'unité, inférieurs en quelque sorte à cette question, disent que l'unité et tout ce qui est, réel n'admet pas de mouvement, ni pour la génération et la corruption, ni même pour tout autre changement. Aussi, de tous ceux qui partent de l'unité du tout, pas un ne s'est occupé de ce point de vue, si ce n'est peut-être Parménide, et encore ne le fait-il qu'autant qu'à côté de son système de l'unité, il admet en quelque sorte deux principes. Mais ceux qui admettent la pluralité des principes, le chaud et le froid, par exemple, ou le feu et la terre, étaient plus à même d'arriver à cet ordre des recherches; car ils attribuaient au feu la puissance motrice, à l'eau, à la terre et aux autres éléments de cette sorte, la qualité contraire. Après ces philosophes et de pareils principes, comme ces principes étaient insuffisants pour produire les choses, la vérité elle même, comme nous l'avons déjà dit, força de recourir à un autre principe. En effet, il n'est guère vraisemblable que ni le feu, ni la terre, ni aucun autre élément de ce genre, soit la cause de l'ordre et de la beauté qui règnent. dans le monde, éternellement chez certains êtres, passagèrement chez d'autres ; ni que ces philosophes aient eu une pareille pensée : d'un autre côté, rapporter un tel résultat au hasard ou à la fortune n'eût pas été raisonnable. Aussi quand un homme vint dire qu'il y avait dans la nature, comme dans les animaux, une intelligence qui est la cause de l'arrangement et de l'ordre de l'univers, cet homme parut seul avoir conservé sa raison au milieu des folies de ses devanciers. Or, nous savons avec certitude qu'Anaxagoras entra le premier dans ce point de vue; avant lui Hermotime de Clazomène paraît l'avoir soupçonné. Ces nouveaux philosophes érigèrent en même temps cette cause de l'ordre en principe des êtres, principe doué de la vertu d'imprimer le mouvement.

On pourrait dire qu'avant eux, Hésiode avait entrevu cette vérité, Hésiode ou quiconque a mis dans les êtres comme principe l'amour ou le désir, par exemple Parménide. Celui-ci dit en effet dans sa théorie de la formation de l'univers:

«Il fit l'amour le premier de tous les Dieux. »

Hésiode dit de son côté :

« Avant toutes choses était le chaos ; ensuite,

La terre au vaste sein...

Puis l'amour, le plus beau de tous les immortels. »

Comme s'ils avaient reconnu la nécessité d'une cause dans les êtres capable de donner le mouvement et le lien aux choses. Quant à la question de savoir à qui appartient la priorité, qu'il nous soit permis de la décider plus tard.

Ensuite, comme à côté du bien dans la nature, on voyait aussi son contraire, non seulement de l'ordre et de la beauté, mais aussi du désordre et de la laideur, comme le mal paraissait même l'emporter sur le bien et le laid sur le beau, un autre philosophe introduisit l'amitié et la discorde, causes opposées de ces effets opposés. Car si l'on veut suivre de près Empédocle, et s'attacher au fond de sa pensée plutôt qu'à la manière presqu'enfantine dont il l'exprime, on trouvera que l'amitié est la cause du bien, et la discorde celle du mal ; de sorte que peut-être n'aurait-t-on pas tort de dire qu'Empédocle a parlé en quelque manière et a parlé le premier du bien et du mal comme principes, puisque le principe de tous les biens est le bien lui-même, et le mal le principe de tout ce qui est mauvais.

Jusqu'ici nous avons vu ces philosophes reconnaître deux des genres de causes déterminés par nous dans la Physique, la matière et le principe du mouvement ; mais ils l'ont fait confusément et indistinctement, comme agissent dans les combats les soldats mal exercés; ceux-ci frappent souvent de bons coups dans la mêlée, mais ils le font sans science; de même nos philosophes paraissent avoir parlé sans bien savoir ce qu'ils disaient, car l'usage qu'on les voit taire de leurs principes est nul ou peu s'en faut. Anaxagoras se sert de l'intelligence comme d'une machine pour faire le monde, et quand il désespère de trouver la cause réelle d'un phénomène, il produit l'intelligence sur la scène; mais dans tout autre cas, il aime mieux donner aux faits une autre cause. Empédocle se sert davantage, mais d'une manière insuffisante encore, de ses principes, et dans leur emploi il ne s'accorde pas avec lui-même. Souvent chez lui, l'amitié sépare, la discorde réunit : en effet, lorsque dans l'univers les éléments sont séparés par la discorde, toutes les particules de feu n'en sont pas moins unies en un tout, ainsi que celles de chacun des autres éléments; et lors-qu'au contraire c'est l'amitié qui unit tous les éléments, il faut bien pour cela que les particules de chaque élément se divisent.

Empédocle fut donc le premier des anciens qui employa en le divisant le principe du mouvement, et ne supposa plus une cause unique, mais deux causes différentes et opposées. Quant à la matière, il est le premier qui ait parlé des quatre éléments; toutefois, il ne s'en sert pas comme s'ils étaient quatre, mais comme s'ils n'étaient que deux, à savoir, le feu tout seul, et en opposition au feu, la terre, l'air et l'eau, ne faisant qu'une seule et même nature. C'est là du moins ce que ses vers donnent à entendre. 

Voilà, selon nous, la nature et le nombre des principes d'Empédocle. Leucippe et son ami Démocrite disent que les éléments primitifs sont le plein et le vide, qu'ils appellent l'être et le non être; le plein ou le solide, c'est l'être; le vide ou le rare, c'est le non-être; c'est pourquoi ils disent que l'être n'existe pas plus que le non-être, parce que le corps n'existe pas plus que le vide : telles sont, sous le point de vue de la matière, les causes des êtres. Et de même que ceux qui posent comme principe une substance unique, expliquent tout le reste par les modifications de cette substance, en donnant pour principe à ces modifications le rare et le dense, de même aussi ces philosophes placent dans les différences les causes de toutes choses; ces différences sont au nombre de trois, la forme, l'ordre et la position : ils disent en effet que les différences de l'être viennent de la configuration, de l'arrangement et de la tournure; or, la configuration c'est la forme, l'arrangement c'est l'ordre, la tournure c'est la position. Ainsi, A diffère de N par la forme, AN de NA par l'ordre, et Z de N par la position. Quant au mouvement, à ses lois et à sa cause, ils ont traité cette question très négligemment, comme les autres philosophes. Nos devanciers donc n'ont pas été plus loin sur ces deux genres de causes.

Qui sont les présocratiques?

Ce sont les philosophes grecs qui ont vécu avant Socrate...Ils sont disséminés tout autour de la Méditerranée.
Il ne reste pratiquement rien d'eux à part quelques fragments épars, leurs livres ont disparu dans les incendies successifs de la bibliothèque d'Alexandrie. Il ne nous reste pour la plupart que des rumeurs, des anecdotes, des citations colportées par d'autres philosophes plus récents.
Ces hommes qui ont vécu sur les franges du monde grecs sont rapidement devenus des êtres surnaturels  aux paroles divines et aux pouvoirs magiques.
Thalès en Ionie, Asie mineure, Turquie ; Pythagore, île de Samos ; Empédocle en Sicile ; Parnémide dans le sud de l'Italie.
Chez eux tout est mélangé, la poésie, la religion, la philosophie et la science.
La poésie est une écriture magique car par elle la présence des choses nous est donnée et sa beauté semble venue d'ailleurs. La dimension religieuse n'est pas à sous-estimer, car lorsque les dieux sont censés dire la vérité et la justice aux hommes c'est en vers qu'ils le font. Les présocratiques sont des inspirés, et même des illuminés.

Les philosophes cherchent l'élément primordial de toutes choses

Thalès et l'eau, Anaximène et l'air, Héraclite et le feu, Anaximandre et l'infini, Anxagore et l'esprit, Démocrite et l'atome, Empédocle et l'atome, Parménide et l'être.

La philosophie est une activité de la raison, c'est des présocratiques que date la rupture entre le mythe et la vérité, entre l'opinion et le savoir. 

La philosophie est une pratique et un amour du savoir et la théorie pour eux-mêmes. 

Qu'est-ce que la nature des choses?

Tous les hommes pensent, tous les hommes ont des représentations de la vie et de la mort, de la liberté et du bonheur, du vrai et de l'erreur, etc. Mais pour que cette conception du monde prenne la forme d'une philosophie, il faut que soient réunies des conditions particulières. La philosophie est la mise en forme de certaines pensées. Les conditions nécessaires sont l'écriture et la division sociale du travail.

On ne fait pas de philosophie avec de simples parole et même si elle est née du dialogue, elle commence réellement avec l'écrit.
Socrate n'a d'existence qu'au travers des dialogues écrits de son disciple Platon et les anecdotes et les bons mots rapportés par Diogène Laërce.
La philosophie a besoin d'écrit parce que la pensée est captive de la parole et de ses hasards de ses détours et de ses certitudes. La parole, même maîtrisée est toujours un peu irresponsable. Seule l'écriture peut donner à la pensée cette structure systématique sans laquelle il ne saurait y avoir proprement de philosophie. 

La division sociale du travail qui assigne à certaines classes de la société le soin de pourvoir aux travaux matériel et à d'autres les tâches nobles de la réflexion et du commandement, doit être considérée comme l'autre condition fondamentale de la philosophie. Il a fallu que certains individus soient libérés de leurs immédiats soucis pratiques pour se livrer à la spéculation sur la nature des choses. 

En voir plus sur...

http://spiroubignole.blogspot.fr/

Thomas Synnamon

http://www.thomassynnamon.com/

Philosophie, fille du rêve!

Il est possible que l'expérience du rêve ait conduit l'homme vers l'idée que ce monde n'est pas le seul, peut-être pas le "plus" réel. Il est possible aussi qu'elle ait été le véhicule de l'idée de l'âme laquelle correspond à un principe de vie et à un double invisible. 

Rêve ou réalité

Puisque nous vivons le rêve comme la réalité il se pourrait que notre réalité ne fût qu'un rêve!

Le rêve, le monde de la nuit


Bientôt


L'homme, l'être des lointains.

L'homme est l'être des lointains : lointains dans l'espace (nos ancêtres se déplaçaient sur des distances considérables, des milliers, voire des dizaines de milliers de kilomètres), lointains dans le temps (la pensée du passé, grâce à la mémoire, et la pensée du futur, grâce à l'imagination). A la différence de l'animal, en effet, l'homme est l'être qui ne se contente pas de vivre dans le lieu et l'instant présents.

L'étonnement

C'est un bouleversement qui enclenche le travail de la réflexion.

Je me lève


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