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mardi 12 février 2013

La philosophie de Platon : un dualisme.

Platon réconcilie Parnémide et Héraclite en  admettant l'existence de deux mondes : le monde des idées immuables, éternelles et le monde des apparences sensibles perpétuellement changeantes.
Héraclite, penseur du devenir. (Relire : Héraclite)
Pour Parménide, l'être est, mais il demeure éternellement identique à lui-même, le devenir comme le mouvement ne sont qu'illusion. (Relire : Parménide)
Il faut ajouter que le monde des idées est le seul monde véritable. Platon accorde au monde sensible une certaines réalité, mais ce monde sensible n'existe que parce qu'il participe au monde des Idées, qu'il en est la copie ou plus exactement l'ombre. Un bel éphèbe est beau que parce qu'il participe à la beauté en soi.


samedi 9 février 2013

Héraclite, portrait par Nietszche

Heraclite était fier : et quand un philosophe en arrive à la fierté, c'est une grande fierté. Son action ne le porte jamais à rechercher un « public », l'applaudissement des masses ou le chœur adulateur des contemporains. S'en aller solitaire par les rues appartient à la nature du philosophe. Ses dons sont des plus rares, et dans un sens, contre nature, exclusifs et hostiles même à l'égard des dons semblables. Le mur de la satisfaction de soi-même doit être de diamant, pour ne pas rompre ni se briser, car tout est en mouvement contre lui. Son voyage vers l'immortalité est plus semé d'obstacles et d'entraves qu'aucun autre; et pourtant nul ne peut croire plus sûrement que le philosophe qu'il arrivera au but par cette voie — il ne saurait où se tenir sinon sur les ailes déployées de tous les temps; la non-considération des choses présentes et instantanées composant l'essence de la grande nature philosophique. Lui a la vérité : libre à la roue du temps de tourner dans l'un ou l'autre sens : jamais elle n'échappera à la vérité. Il importe d'apprendre que de pareils hommes ont vécu une fois. Jamais l'on n'oserait imaginer la fierté d'Heraclite comme une possibilité oiseuse. Tout effort vers la connaissance paraît, de par sa nature, éternellement insatisfait et insatisfaisant. Aussi nul ne voudra croire s'il n'est renseigné par l'histoire, à la réalité d'une opinion de soi aussi royale que celle que confère la conviction d'être l'unique et heureux prétendant de la Vérité. De pareils hommes vivent dans leur propre système solaire : c'est là qu'il faut aller les trouver. Un Pythagore, un Empédocle, traitaient leur propre personne avec une surhumaine estime, avec une crainte quasi religieuse; mais le lien de la compassion noué à la grande conviction de la migration des âmes et de l'unité de tout ce qui est vivant, les ramenait aux autres hommes, pour le salut de ces derniers. Quant au sentiment de solitude dont était pénétré l'ermite éphésien du temple d'Artemis, on n'en saurait éprouver quelque chose qu'au milieu des sites alpestres les plus désolés. Nul sentiment de toute puissante pitié, nul désir de venir en aide, de guérir ou de sauver n'émane de lui. C'est un astre sans atmosphère. Son œil, dont l'ardeur est toute dirigée vers l'intérieur, n'a qu'un regard éteint et glacial, et comme de pure apparence, pour le dehors. Tout autour de lui les vagues de la folie et de la perversité battent la forteresse de sa fierté : il s'en détourne avec dégoût. Mais de leur côté les hommes au cœur sensible évitent une pareille larve comme coulée de bronze; dans un sanctuaire reculé, parmi les images des dieux, à l'ombre d'une architecture froide, calme et ineffable, l'existence d'un pareil être se conçoit encore. Parmi les hommes, Heraclite, en tant qu'homme, était inconcevable; et s'il est vrai qu'on a pu le voir observant attentivement le jeu d'enfants bruyants, il est vrai aussi que ce faisant il a songé à quelque chose à quoi nul homme ne songe en pareil cas : au jeu du grand entant universel, Zeus. Il n'avait point besoin des autres hommes, pas même pour ses connaissances; il ne tenait point à leur poser toutes les questions que l'on peut leur poser, ni celles que les sages s'étaient efforcés de poser avant lui. Il parlait avec mépris de ces hommes interrogateurs, accumulateurs, bref, de ces hommes « historiques ». « C'est moi-même que je cherchais et explorais », disait-il en se servant d'un terme qui définit l'approfondissement d'un oracle : tout comme s'il eût été le véritable et l'unique exécuteur de la sentence delphique : « Connais-toi toi-même! »

Quant à ce qu'il percevait dans cet oracle, il le tenait pour la sagesse immortelle et éternellement digne d'interprétation, d'un effet illimité dans le lointain avenir, à l'exemple des discours prophétiques de la Sibylle. Il y en a suffisamment pour l'humanité la plus tard venue : pourvu qu'elle veuille seulement interpréter comme une sentence d'oracle ce que lui « n'exprime ni ne cache » tel le dieu delphique. Et encore qu'il l'annonce « sans sourire, sans ornement ni parfum » mais bien plutôt avec « une bouche écumante », il faut que cela parvienne jusqu'aux millénaires de l'avenir. Car le monde a éternellement besoin de la vérité, il a donc éternellement besoin d'Heraclite : quoiqu'Héraclite n'en ait point besoin lui-même. Que lui importe sa gloire?

La gloire chez « les mortels qui sans cesse s'écoulent! » s'est-il écrié avec ironie. Sa gloire intéresse sans doute les humains, elle ne l'intéresse pas lui-même; l'immortalité des humains a besoin de lui, et non pas lui-même de l'immortalité de l'homme Heraclite. Ce qu'il a vu, la doctrine de la loi dans le devenir et du jeu dans la nécessité, doit dès maintenant être vu éternellement : il a levé le rideau sur le plus grand de tous les spectacles. (Sources)

Héraclite, l'obscur

Héraclite est universellement reconnu comme le philosophe du devenir, c'est-à-dire du changement perpétuel de toutes choses. Pour lui, rien n'est stable, tout change à tout moment, "tout s'écoule". Même les montagnes, symboles de pérennité, se transforment imperceptiblement sous l'action ininterrompue de l'érosion. Et le plus remarquable est que dans ce mouvement, chaque chose devient autre en restant cependant la même. C'est ce qu'indique la célèbre formule : 
"On ne se baigne jamais dans le même fleuve". 
Le fleuve dans lequel j'entre aujourd'hui est bien le même que celui dans lequel je suis entré hier, mais ses eaux depuis se sont renouvelées, faisant de lui un fleuve autre. L'image du fleuve s'applique d'ailleurs à l'univers tout entier, dont l'unité toujours renaissante est garantie par le feu primitif. Thalès faisait de l'eau la couse première de toute chose. Pour Héraclite, c'est le feu (lequel évoque à la fois la lutte et la destruction) qui fait figure de substance primordiale. Mais le feu cosmique n'est pas seulement un principe d'ordre physique : c'est aussi un principe d'ordre rationnel, puisque Héraclite assimile le feu au logos - la raison universelle commune à tous les hommes. Gouverné par le logos, chaque phénomène évolue invariablement vers son contraire, dans un mouvement cyclique ou commencement et fin coïncident : le jour engendre la nuit qui engendre à son tour le jour et ainsi de suite...

Héraclite est aussi le penseur de la contradiction. L'harmonie du monde résulte en effet de la tension instable des contraires. La vie n'est pas concevable sans la mort, laquelle suppose à son tour la vie. Vie et mort sont tellement nécessaires l'une à l'autre qu'en réalité, elles ne forment qu'un, comme les deux faces d'une même médaille. Dépassant les oppositions suggérées par la langage, Héraclite voit dans la guerre, le père le roi de tout. Sur la lyre, l'harmonie naît de la rencontre du grave et de l'aigu. De même, aucune génération n'est possible chez les animaux sans l'union de deux individus de sexe opposé.

Cette méditation du devenir exercera un profonde influence sur toute l'histoire de la philosophie : Hegel verra dans l'harmonie des contraires les prémisses de la dialectique ; Nietzsche saluera le présocratique Héraclite comme l'un de ses ancêtres.
Mobilisme universel

jeudi 13 septembre 2012

La science, c'est la sensation, Théétète

On voit que cette réponse n'était pas, aux yeux de Socrate, une définition et que son examen permettait principalement de préparer la formulation d'une véritable définition.
Théétète propose donc une « nouvelle » définition : « La science c'est la sensation. » 
Platon souhaite examiner et réfuter de manière détaillée deux thèses qui s'opposent directement à sa propre théorie de la connaissance : le relativisme de Protagoras, et le mobilisme d'Héraclite.
Remarquant que Théétète, en proposant une telle définition de la science, se fait disciple de Protagoras, Socrate lui oppose plusieurs arguments : Pourquoi payer Protagoras pour qu'il vous apprenne que ce que vous sentez est la vérité ? Les rêves sont ressentis, sont-ils vrais pour autant ? Si ce que l'on pense est la vérité, ceux qui pensent que Protagoras a tort ont raison ?
La réfutation finale de la définition peut se ramener à la formulation suivante :
La connaissance implique d'accéder à la vérité ;
Accéder à la vérité implique d'accéder à ce qui est ;
Or, la perception ne peut accéder à ce qui est (ce qui est prouvé par la réfutation des thèses de Protagoras et d'Héraclite);
Donc la perception ne peut accéder à la vérité ;
Donc perception et connaissance ne sont pas la même chose.

La première tentative de donner une définition de la science dans le Thééthète, d'autres suivent : le texte ici
Aussi : Wiki



jeudi 26 juillet 2012

L'homme mesure de toute chose,

Protagoras s'était élevé contre la philosophie de Parménide et des Éléates qui admettaient l'existence d'un être absolu et immuable ; d'après cette théorie, toutes nos connaissances n'étaient que le reflet de cet être unique. S'il s'opposait à Parménide, il s'inspirait par contre des idées d'Heraclite qui admettait une pluralité dans le réel. Les opinions de ce dernier devaient constituer la base sur laquelle allait s'ériger tout le système philosophique de l'Abdérite. Le but de notre travail sera de déceler les liens qui unissent les systèmes de ces deux philosophes. Les principaux thèmes dont nous allons nous occuper seront les suivants: 
1) En prenant comme point de départ l'interprétation de la phrase sur « l'homme mesure » donnée par M. Eug. Dupréel, à savoir qu'en dehors de nous il n'existe qu'une matière amorphe que chacun façonne à sa manière, nous tâcherons de démontrer que la dite phrase a ses sources dans la théorie d'Héraclite sur l'écoulement éternel des choses et sur l'impuissance de la sensation à nous donner la connaissance véritable.
2) Nous montrerons ensuite que la théorie des valeurs sociales dont s'occupe Protagoras tire son origine du caractère qualitatif de la physique d'Heraclite.
3) Nous essayerons en outre de prouver que la théorie de l'harmonie et de l'équilibre social chez Protagoras trouve certains parallèles chez Heraclite et les Pythagoriciens.
II En abordant le premier point de notre étude nous commençons par la célèbre phrase de Protagoras : « L'homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont, qu'elles sont, de celles qui ne sont pas qu'elles ne sont pas » Q).
Il y a trois interprétations de cette phrase. La première et la plus ancienne est celle donnée par Platon dans le Théétète 152 a) ; c'est une explication individualiste, car elle ramène la maxime de « l'homme mesure » à la théorie de la perception sensible. La seconde, celle de Gomperz, est une interprétation générique qui voit dans « l'homme » non un individu, mais tout le genre humain (2). La troisième interprétation est donnée par M. Eug. Dupréel (3) :
« La maxime n'est l'expression ni d'un scepticisme nihiliste et amoral, ni d'une vue naturaliste de l'homme et de ses facultés natives ; elle signifie que la connaissance ne nous fait pas toucher une nature ou une essence préalable à l'acte de connaître ; il n'y a pas d'être, point de nature dont la connaissance ne serait qu'un reflet ; il y a l'activité des hommes par quoi quelque chose est découpé et fixé dans l'indétermination antérieure une matière amorphe, au sens le plus vague, que nos organes permettent à chacun de nous de sentir et de déterminer indépendamment de la perception des autres ».
D'abord cette matière amorphe. Nos sources en parlent d'une manière explicite :
Protagoras est d'avis que l'homme est la mesure de toutes choses Notre homme dit donc que la matière est fluente et que s'écoulant constamment, des accroissements viennent remplacer les portions de matière qui sont détachées ».
Le mobilisme universel est une idée commune à Protagoras et à Heraclite.
Frg. 30 : « Ce monde qui est le même pour tous, aucun des dieux ou des hommes ne l'a fait ; mais il a toujours été, il est et sera toujours un feu éternellement vivant, qui s'allume avec mesure et qui s'éteint avec mesure ».
rg. 31 : « Les transformations du feu sont en premier lieu la mer ; et la moitié de la terre est mer, la moitié vent tourbillonnant ».
Frg. 90 : « Toutes choses sont un échange pour du feu et le feu pour toutes choses, de même que les marchandises pour l'or et l'or pour les marchandises ».
Socrate confirme dans le Théétète que ce point de vue était commun à Protagoras et à Heraclite :
« C'est de la translation, du mouvement et du mélange mutuels que se fait le devenir de tout ce que nous affirmons être ; affirmation abusive, car jamais rien n'est, toujours il devient. Disons qu'à cette conclusion, tous les sages à la file, sauf Parménide, sont portés d'un mouvement d'en semble : Protagoras, Heraclite, Empédocle... » (152d).
Protagoras dit que la matière est fluente et s'écoule sans cesse, Heraclite qu'elle est un feu éternellement vivant. En employant ces images différentes, les deux auteurs visaient la
même chose : une matière amorphe et indéterminée, un άπειρον qui ne diffère en rien de celui d'Anaximandre. Le feu d'Heraclite a en effet une nature indéterminée et peut être aisément comparé à Y άπειρον d'Anaximandre. Comment pouvons-nous connaître ce monde extérieur, dont nous venons de décrire la nature?
Heraclite :
Frg. 107 : « Les yeux et les oreilles sont de mauvais témoins pour les hommes, quand ils ont des âmes barbares ».
Frg. 113 : « La pensée est commune aux hommes ».
Frg. 101 : « Je me suis cherché moi-même ».
Protagoras :
« Évidemment ta question vise ainsi le pair, l'impair et autres déterminations qui s'ensuivent et, pour tout cela, tu demandes au moyen de quel organe corporel nous en avons, par l'âme, la perception » (Théét. 185 d.).
Protagoras et Heraclite tombent d'accord que les sens ne nous donnent pas l'image fidèle du monde extérieur et par suite ne peuvent être les critères de la vérité. Heraclite attribue une part importante à l'intelligence, par laquelle s'opère en réalité la connaissance. Selon Heraclite, les sens ne nous révèlent qu'une partie de la vérité, ils présentent le monde comme multiple, tandis que la raison nous le présente comme un. Les âmes barbares sont en effet celles qui regardent les données de nos sens comme vraies. Protagoras n'identifie nulle part la connaissance avec la sensation. Αΐσθησις n'indique pas simplement la sensation, mais l'aperception, le fait de constater ou de saisir l'objet sensible ou non sensible i1). De ce point de vue, la connaissance ne doit pas nécessairement se faire par l'intermédiaire des sens. En résumé on peut dire qu'en ce qui concerne la structure du monde extérieur, Protagoras suit fidèlement l'enseignement des premiers Ioniens et d'Heraclite, et n'y voit pas autre chose qu'une matière amorphe et indéterminée. Quant à la connaissance, elle ne se fait pas uniquement par les sens mais aussi par l'intelligence.

mercredi 18 juillet 2012

L'homme est la mesure de toute chose...

 « L'homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont, qu'elles sont, de celles qui ne sont pas qu'elles ne sont pas » .

Il y a trois interprétations de cette phrase. 
La première et la plus ancienne est celle donnée par Platon dans le Théétète, c'est une explication individualiste, car elle ramène la maxime de « l'homme mesure » à la théorie de la perception sensible. 

La seconde, celle de Gomperz, est une interprétation générique qui voit dans « l'homme » non un individu, mais tout le genre humain. 

La troisième interprétation est donnée par
M. Eug. Dupréel: « La maxime n'est l'expression ni d'un scepticisme nihiliste et amoral, ni d'une vue naturaliste de l'homme et de ses facultés natives ; elle signifie que la connaissance ne nous fait pas toucher une nature ou une essence préalable à l'acte de connaître ; il n'y a pas d'être, point de nature dont la connaissance ne serait qu'un reflet ; il y a l'activité des hommes par quoi quelque chose est découpé et fixé dans l'indétermination antérieure une matière amorphe, au sens le plus vague, que nos organes permettent à chacun de nous de sentir et de déterminer indépendamment de la perception des autres ».
 
D'abord cette matière amorphe. Nos sources en parlent d'une manière explicite :
Protagoras est d'avis que l'homme est la mesure de toutes choses Notre homme dit donc que la matière est fluente et que s'écoulant constamment, des accroissements viennent remplacer les portions de matière qui sont détachées ».
 
Le mobilisme universel est une idée commune à Protagoras et à Heraclite. 
« Ce monde qui est le même pour tous, aucun des dieux ou des hommes ne l'a fait ; mais il a toujours été, il est et sera toujours un feu éternellement vivant, qui s'allume avec mesure et qui s'éteint avec mesure ».

« Les transformations du feu sont en premier lieu la mer ; et la moitié de la terre est mer, la moitié vent tourbillonnant ». 

« Toutes choses sont un échange pour du feu et le feu pour toutes choses, de même que les marchandises pour l'or et l'or pour les marchandises ».

Socrate confirme dans le Théétète que ce point de vue était commun à Protagoras et à Heraclite :
« C'est de la translation, du mouvement et du mélange mutuels que se fait le devenir de tout ce que nous affirmons être ; affirmation abusive, car jamais rien n'est, toujours il devient. 
Protagoras dit que la matière est fluente et s'écoule sans cesse, Heraclite qu'elle est un feu éternellement vivant. En employant ces images différentes, les deux auteurs visaient la
même chose : une matière amorphe et indéterminée.
 
Comment pouvons-nous connaître ce monde extérieur, dont nous venons de décrire la nature?
Heraclite : 
« Les yeux et les oreilles sont de mauvais témoins pour les hommes, quand ils ont des âmes barbares ». 
« La pensée est commune aux hommes ». 
« Je me suis cherché moi-même ».
 
Protagoras :
« Évidemment ta question vise ainsi le pair, l'impair et autres déterminations qui s'ensuivent et, pour tout cela, tu demandes au moyen de quel organe corporel nous en avons, par l'âme, la perception »

Protagoras et Heraclite tombent d'accord que les sens ne nous donnent pas l'image fidèle du monde extérieur et par suite ne peuvent être les critères de la vérité. Heraclite attribue une part importante à l'intelligence, par laquelle s'opère en réalité la connaissance. 

Selon Heraclite, les sens ne nous révèlent qu'une partie de la vérité, ils présentent le monde comme multiple, tandis que la raison nous le présente comme un. Les âmes barbares sont en effet celles qui regardent les données de nos sens comme vraies. Protagoras n'identifie nulle part la connaissance avec la sensation.
De ce point de vue, la connaissance ne doit pas nécessairement se faire par l'intermédiaire des sens. 
En résumé on peut dire qu'en ce qui concerne la structure du monde extérieur, Protagoras suit fidèlement l'enseignement des premiers Ioniens et d'Heraclite, et n'y voit pas autre chose qu'une matière amorphe et indéterminée. Quant à la connaissance, elle ne se fait pas uniquement par les sens mais aussi par l'intelligence.

Ce qu'il faut souligner dans la théorie de Protagoras, c'est le fait que l'homme ne constitue pas le centre du monde, mais qu'il est, comme chez Heraclite et les Pythagoriciens, intégré
dans l'ensemble de la réalité. 

Le mobilisme universel est commun à Protagoras et à Heraclite. Les deux philosophes regardent le monde extérieur comme une matière amorphe. La connaissance de ce monde ne se fait pas uniquement par les sens, mais aussi par l'intelligence.
 
C'est notre esprit, tel qu'il est formé par l'éducation, qui arrive à percevoir et à connaître les qualités des choses.

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