Elle consiste, pour le philosophe, à feindre l’ignorance afin d’exposer la faiblesse de la position d’une autre personne et lui en faire prendre conscience. L'ironie de Socrate n'est pas seulement de feindre l'ignorance, elle consiste également à feindre reconnaître les compétences que son interlocuteur prétend avoir. Ces flatteries incitent ce dernier à étaler son supposé savoir, ce qui permet à Socrate de révéler l'ignorance par une méthode d'interrogation réfutative. Une telle ironie survenait particulièrement dans l’ignorance assumée adoptée par Socrate, comme méthode de dialectique : « l’ironie socratique ». Cette ironie particulière implique un aveu de l’ignorance, qui travestit une attitude sceptique et désengagée, vis-à-vis de certains dogmes ou opinions communes qui manquent d’un fondement dans la raison ou dans la logique. La suite de questions naïve de Socrate révèle point par point la vanité ou l’illogisme de la proposition, en ébranlant les postulats de son interlocuteur, et en remettant en cause ses hypothèses initiales.
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