Le "lobby gay" : mythe ou réalité ?
Lobby, lobbies (nom masculin) : groupe de personnes qui font pression sur un gouvernement et tentent d'influencer sa politique. Telle est la définition la plus courante du mot. Pour l’anecdote, on attribue sa popularisation à Ulysse Grant, président des Etats-Unis d’Amérique, qui s’était installé à l’hôtel « le Willard » lorsque la Maison Blanche avait été ravagée par un incendie, quelques années avant son élection en 1869. Tous ceux qui avaient quelque chose à lui demander déambulaient dans le lobby (le hall) de l’hôtel afin de l’apercevoir et tenter de lui parler.
Ces dernières semaines, on a beaucoup entendu parler de « lobby gay » … Nous n’allons pas revenir sur l’actualité. Ce n’est pas le sujet de cet article. Ce fameux « lobby gay » est-il un mythe ou une réalité ?
UN « LOBBY » PUISSANT ?
C’est certainement Christian Vanneste, ancien député UMP, qui a le plus souvent utilisé le terme de « lobby gay » depuis 2004, année à partir de laquelle il a commencé à s’intéresser davantage aux revendications des homosexuels. D’ailleurs, il cultive une réelle obsession qui, à certains moments, est devenue une forme de paranoïa aigüe. Dans un récent billet publié sur le site chrétienté.info, intitulé « la suffisance du lobby gay », l’ancien parlementaire récidive sur ce thème qui lui semble cher. Aujourd’hui retraité, il ne fait plus beaucoup parler de lui. Son blog de « député honoraire » n’attire pas grand monde. Il y a quelques jours, il a répondu à la question d’un des rares lecteurs de son blog qui lui demandait ce qu’était le « lobby gay ». D’après lui, c’est un « un réseau associatif largement subventionné par l’Etat et les collectivités territoriales, ensuite des financeurs des partis ou des personnalités politiques, enfin des personnes placées à des postes stratégiques des pouvoirs et de la communication, avec une capacité d’influence sur l’opinion considérable. » Mais à le lire, il s’agirait donc d’un mouvement puissant, organisé et disposant de ressources financières très confortables !
Justement, nous allons en venir aux avancées « spectaculaires » qui ont été obtenues par cette « pieuvre tentaculaire » depuis 30 années :
- l’obtention d’un PACS qui n’a jamais répondu aux aspirations des homosexuels et qui est destiné à l’ensemble de la population,
- Une loi contre la discrimination,
- Un espoir d’égalité, avec l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe qui devrait voir le jour au premier semestre 2013.
La démonstration est faite. Que de maigres résultats pour un lobby que l’on dit puissant !
UN « LOBBY » MEDIATISE ?
Ces dernières semaines, l’Eglise catholique de France, qui mène un combat d’arrière-garde contre les réformes sociétales qui vont être engagées par le gouvernement, n’a cessé d’occuper le devant de la scène médiatique. Journaux, télévisions, radios… tout y est passé ! Avez-vous entendu ou lu des représentants d’associations LGBT dans ces mêmes médias ? Non, pas le moindre du monde ! Juste quelques petits passages qui n’excédaient pas plus de deux minutes et ils étaient très rares ! Et dans la presse, on peut faire le même constat. Un responsable associatif m’avait fait la confidence qu’il n’avait pas réussi à obtenir le moindre intérêt de la part des médias qui avaient été sollicités à de nombreuses reprises !
L’influence que l’on prête au « lobby gay » dans le domaine médiatique et de la communication semble être inexistante !
UN « LOBBY » LARGEMENT SUBVENTIONNE ?
Là encore, il s’agit d’une légende largement répandue. N’hésitez pas à contacter les services publics de votre ville, département ou région pour vous rendre compte que les associations LGBT ne sont pas les mieux loties dans ce domaine. De nombreuses structures associatives ont beaucoup de difficultés à équilibrer leur budget, par manque de moyens financiers. Et il y en a peu qui disposent d’un personnel salarié… Tout repose essentiellement sur le bénévolat.
A travers ces quelques exemples, chacun pourra se forger une opinion. Cet article n’a pas la vocation d’être « parole d’évangile ». De nos jours, on a trop tendance à voir des lobbies un peu partout, en particulier là où il n’en existe pas. Existe-t-il un « lobby gay » ? Certainement pas ! C’est juste un prétexte pour pointer du doigt les aspirations à l’égalité des personnes LGBT qui tendent àvivre comme des citoyens à part entière. Mêmes devoirs, mêmes droits.




