La gnoséologie platonicienne (Théorie de la connaissance) est une gnoséologie de la découverte, puisque les Idées sont éternellement déjà là, et non une gnoséologie de l'invention.
Platon croyait, comme les Pythagoriciens, à la métempsycose. L'âme connaît une série d'incarnation entrecoupées de stades où elle se trouve sans corps. Naître, c'est s'incarner ; mourir, c'est se désincarner. Mais la mort physique correspond à une véritable renaissance (monde des idées, qui est le monde naturel de l'âme). Inversement, ce que l'on appelle naissance correspond une mort de l'âme qui littéralement, chute dans cette prison sensible du corps.
Imaginez une sinusoïde qui se développe autour de la ligne du temps. La sinusoïde représente l'âme qui tantôt demeure libre dans le ciel des idées, (au-dessus de la ligne du temps), tantôt s'incarne dans le monde sensible (en dessous de la ligne du temps). La naissance au monde intelligible est une mort au monde sensible et inversement la mort au monde intelligible est une naissance au monde sensible.
On comprend dès lors pourquoi Platon soutient que connaître, c'est se souvenir (théorie dite de la réminiscence). En s'incarnant, l'âme connaît déjà les Idées qu'elle a pu contempler à loisir lorsqu'elle était dans le monde supérieur. Son travail consiste dès lors à écarter les barreaux de chair que la prison du corps ne cesse d'interposer entre elle et les Idées.
Il n'en reste pas moins vrai que la théorie de la réminiscence a l'avantage de faire porter l'attention sur une question essentielle en psychologie de l'apprentissage. On ne peut rien connaître si l'on part d'un néant de connaissance. Platon allait plus loin car pour lui connaître, c'est reconnaître.


