Cette chanson de Manu Chao est remplie de symboles et de multitudes d'interprétations.
Tout d'abord, la chanson part sur l'enregistrement de la voix de Youri Gagarine lors de son vol dans l'espace. Ce discours est ensuite traduit en français, le tout étant ponctué du gimmick "Infinita Tristeza", "infinie tristesse", leitmotiv incessant de la mélancolie. On peut rapprocher ce "combat sans précédent avec les forces de la nature" avec le dialogue suivant entre une mère et ses deux enfants, un dont on ignore le nom, l'autre s'appelant Enrique (Quique est un diminutif courant de ce prénom). Les deux enfants demandent à leur mère comment on fait les enfants, puis le garçon anonyme affirme son désir d'avoir des enfants (il n'est âgé que de sept ans), alors que son frère Quique au contraire n'en veut pas. Leur mère leur explique de manière plutôt tendre et sans mensonge (métaphore de la graine et de la terre) ce qu'est la réalité de la vie. L'enfant demande à Quique continuellement si Quique veut des enfants (¿Y tu Quique ? )Ensuite, on entend des extraits radiophoniques d'une émission intitulée "Le médecin du peuple" sur Radio Mano. L'émission en question explique ce jour-ci comment faire les enfants. Le thème de la mélancolie (est-il lié à la vie privée de Manu Chao ? Rien ne l'infirme ni ne le confirme).
La chanson reprend ensuite en remettant des extraits de dialogues déjà passés, tout en ajoutant des questions de Quique, qui demande s'il peut avoir des enfants, puis comment vivaient-ils, lui et son frère, à l'intérieur de leur mère, puis ce qu'il faut faire pour avoir des enfants. La mère répète alors qu'il faut "seulement s'aimer beaucoup". Enfin, une voix masculine s'exclame que les tyrans arrivent (l'action est en Amérique du Sud, le locatif "aqua" au lieu de "aqui" est typique de cette région du monde).
Comme dans beaucoup de ses chansons, Manu Chao réutilise des extraits audio dans diverses chansons : ici c'est le célèbre "¿ Qué hora son mi corazón ? " de la chanson "Me gustas tu" qui est utilisé. Enfin, il utilise un sample du métro de la ligne 2 de Madrid, qui annonce les stations "Esperanza" et "Avenida de la Paz", "Espérance" et "Avenue de la Paix" (clin d'oeil à La Paz, capitale de la Bolivie, alors que Manu Chao est un amoureux de l'Amérique du Sud ? )
La chanson est un hymne plein de mélancolie à l'enfance et à l'enfant, tout en mêlant des allusions à la situation politique en Amérique Latine, à son propre monde musical, à la vie et à la conquête, et à la "prochaine station : espérance".

