L'idée de Protagoras est que « l'homme est la mesure de toutes choses ». Protagoras considère que chaque individu croit ce qui est vrai pour lui. En ce sens il peut être considéré comme un précurseur philosophique du relativisme culturel, pour qui chaque individu tient pour vrai ce que sa culture tient pour vrai. La pensée relativiste nie en effet la possibilité de partager une moralité, excepté par convention culturelle.
Ce point de vue peut se traduire par : « Chacun crée sa propre morale à partir de la même histoire ». L'individu se comporte donc en accord avec son sentiment, acceptation ou rejet de tout ou partie de cette histoire.
« L'homme est la mesure de toute chose : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas. »
Protagoras affirme que « l'homme est le critère (kriterion) de tous les objets ». Ainsi, « (...) il ne pose pour chacun que les seuls phénomènes et de cette manière, il introduit le relativisme. » Dans le Théétète de Platon, la doctrine de Protagoras est examinée dans la première tentative de définition de la science : « la science, c'est la sensation ». C'est du point de vue de ce que perçoit l'homme que le bien et le mal, le vrai et le faux prennent leur définition. La vérité, la justice ou la morale sont relatives.
L'énoncé peut aussi signifier que c'est l'homme qui crée les différences en ce qui concerne le langage, le savoir, la sensibilité ou les perceptions. Alors toute affirmation faite par un homme n'aurait de signification absolue que pour cet homme.
Cet énoncé, examiné et réfuté par Socrate dans le Théétète, est souvent compris comme une forme de relativisme, ou comme une critique de la conception réaliste de la connaissance. La présentation platonicienne en fait une sorte d'individualisme de la connaissance, davantage qu'un relativisme au sens moderne du terme : selon le Protagoras tel que dépeint par Platon, ce qui est senti par un homme est vrai, même si d'autres hommes sentent d'autres choses. Platon s'attache à réfuter cette proposition par une série de paradoxes, et par la distinction de certains domaines où celle-ci est valide (ce qui dépend de l'opinion, ou doxa) et d'autres où elle ne peut l'être (ce qui dépend de la connaissance scientifique ou philosophique).
Dans l'autre fragment, il nous montre son scepticisme religieux :
« Pour ce qui est des dieux, je ne peux savoir ni qu’ils sont ni qu’ils ne sont pas, ni quel est leur aspect. Beaucoup de choses empêchent de le savoir : d’abord l’absence d’indications à ce propos, ensuite la brièveté de la vie humaine.»
Si l'on accepte de croire en un Dieu sans l'avoir vu, il devient absurde de refuser aux autres dieux leur existence. En ce qui concerne les croyances, l'opinion change selon les gens et les sociétés.











