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jeudi 24 janvier 2013

Le sûtra du diamant : la carrière du Bodhisattva

3. Le Seigneur dit : Ici, Subhuti, quelqu'un qui s'est mis en route sur le véhicule du Bodhisattva devrait produire une pensée de cette manière : « Quel que soit le nombre d'êtres dans l'univers des êtres - en comprenant sous le terme “être” ceux qui sont nés d'un œuf, ceux qui sont nés d'une matrice, ceux qui sont nés de la moisissure ou ceux qui sont nés miraculeusement ; avec forme ou sans forme ; avec perception, sans perception, et avec ni perception ni non-perception - quelles que soient les formes d'êtres concevables qui sont conçus : je dois mener tous ces êtres au Nirvana, à ce Royaume du Nirvana qui ne laisse rien derrière. Et, cependant, quoique d'innombrables êtres aient ainsi été menés au Nirvana, aucun être n'a été mené au Nirvana. » Et pourquoi ? Si, chez un Bodhisattva, la notion d'« être » existait, il ne pourrait pas être appelé un « Être de Bodhi ». « Et pourquoi ? Il ne pourrait être appelé un Être de Bodhi, celui chez qui existerait la notion d'un soi ou d'un être, ou la notion d'une âme vivante ou d'une personne. »

4. De plus, Subhuti, un Bodhisattva qui donne un don ne doit pas être soutenu par une chose, et ne doit pas non plus être soutenu en aucun lieu. Quand il donne des dons il ne doit pas être soutenu par des objets de la vue, ni par des sons, des odeurs, des goûts, des tangibles ou des objets de l'esprit. Parce que, Subhuti, le Bodhisattva, le grand être, doit donner des dons d'une façon telle qu'il ne soit pas soutenu par la notion de signe. Et pourquoi ? Parce que la masse de mérite de cet Être de Bodhi qui, non-soutenu, donne un don, n'est pas facile à mesurer. Penses-tu, Subhuti, que l'étendue de l'espace à l'est soit facile à mesurer ? Subhuti répondit : Non, bien sûr, Ô Seigneur. Le Seigneur demanda : D'une manière similaire, est-il possible de mesurer l'étendue de l'espace au sud, à l'ouest ou au nord, vers le nadir, vers le zénith, dans les directions intermédiaires, dans toutes les dix directions ? Subhuti répondit : Non, bien sûr, Seigneur. Le Seigneur dit : de même, la masse de mérite de cet Être de Bodhi qui, non-soutenu, donne un don, n'est pas facile à mesurer. C'est pourquoi, Subhuti, ceux qui se sont mis en route sur le véhicule du Bodhisattva, doivent donner des dons sans être soutenus par la notion de signe.

5. Le Seigneur continua : « Penses-tu, Subhuti, que le Tathagata puisse être vu par la possession de ses marques ? » Subhuti répondit : « Non, bien sûr, Ô Seigneur. Et pourquoi ? Ce qui a été enseigné par le Tathagata comme étant la possession de marques, est vraiment une non-possession de non-marques. » Le Seigneur dit : « Là où il y a possession de marques, il y a tromperie ; là où il y a non-possession de non-marques, il n'y a pas tromperie. Le Tathagata est donc vu comme ayant des non-marques comme marques. »

6. Subhuti demanda : Y aura-t-il des êtres dans le futur, aux derniers temps, à la dernière époque, dans les cinq cents dernières années, au moment de l'effondrement de la bonne doctrine, qui, au moment où ces paroles du sûtra seront enseignées, comprendront leur vérité ? Le Seigneur répondit : Ne parle pas ainsi, Subhuti ! Oui, même alors, il y aura de tels êtres. Car même à ce moment-là, Subhuti, il y aura des Bodhisattvas qui seront doués de bonne conduite, doués de qualités vertueuses, doués de sagesse et qui, au moment où ces paroles du sûtra seront enseignées, comprendront leur vérité. Et ces Bodhisattvas, Subhuti, ne seront pas tels qu'ils n'auront honoré qu'un seul Bouddha, ni tels qu'ils n'auront planté leurs racines de mérite qu'au temps d'un seul Bouddha. Au contraire, Subhuti, ces Bodhisattvas qui, lorsque les paroles de ce sûtra seront enseignées, trouveront ne serait-ce qu'une seule pensée de foi sereine, seront tels qu'ils auront honoré de nombreuses centaines de milliers de Bouddhas, tels qu'ils auront planté leurs racines de mérite au temps de nombreuses centaines de milliers de Bouddhas. Ils sont connus du Tathagata, Subhuti, par sa connaissance de Bouddha ; ils sont vus du Tathagata, Subhuti, par son œil de Bouddha ; ils sont entièrement connus du Tathagata, Subhuti. Et tous, Subhuti, engendreront et acquérront une masse immense et incalculable de mérite.

Et pourquoi ? Parce que, Subhuti, ces Bodhisattvas n'auront (1) pas de perception d'un soi, (2) pas de perception d'un être, (3) pas de perception d'une âme, (4) pas de perception d'une personne. Ces Bodhisattvas n'auront (5) pas non plus de perception d'un dharma, (6) ni de perception d'un non-dharma. En eux, (7) aucune perception (8) ni aucune non-perception ne prend place.

Et pourquoi ? Si, Subhuti, ces Bodhisattvas avaient une perception soit d'un dharma, soit d'un non-dharma, ils s'attacheraient par là à un soi, à un être, à une âme ou à une personne. Et pourquoi ? Parce qu'un Bodhisattva ne doit s'attacher ni à un dharma ni à un non-dharma. Ceci a donc été enseigné par le Tathagata avec une signification cachée : « Ceux qui connaissent le discours comparant le dharma à un radeau doivent renoncer aux dharmas, et plus encore aux non-dharmas. »

7. Le Seigneur demanda : Penses-tu, Subhuti, qu'il y ait un dharma que le Tathagata ait entièrement connu comme « l'éveil suprême, droit et parfait », ou bien qu'il y ait un dharma que le Tathagata ait expliqué ? Subhuti répondit : Non, pas comme je comprends ce que le Seigneur a dit. Et pourquoi ? Ce dharma, que le Tathagata a entièrement connu et expliqué, ne peut être saisi, on ne peut en parler, ce n'est ni un dharma ni un non-dharma. Et pourquoi ? Parce qu'un Absolu exalte les Personnes Saintes.

8. Le Seigneur demanda : Penses-tu, Subhuti, que si un homme ou une femme de bien avait empli ce système de mondes fait de mille millions de mondes avec les sept choses précieuses, et l'avait ensuite donné aux Tathagatas, aux Arhats, aux Complètement Éveillés, aurait-il, en vertu de ceci, engendré une grande masse de mérite ? Subhuti répondit : Grande, Ô Seigneur, grande, Ô Bien Allé, serait cette masse de mérite ! Et pourquoi ? Parce que le Tathagata a parlé de la « masse de mérite » comme d'une non-masse ; c'est ainsi que le Tathagata a parlé de « masse de mérite ». Le Seigneur dit : Mais si quelqu'un d'autre tirait de ce discours sur le dharma une seule strophe de quatre lignes, et l'expliquait et l'éclairait à d'autres dans tous ses détails, alors en vertu de ceci il engendrerait une masse de mérite encore plus grande, immense et incalculable. Et pourquoi ? Parce qu'il en est issu l'éveil suprême, droit et parfait des Tathagatas, des Arhats, des Complètement Éveillés, et de cela sont issus les Bouddhas, les Seigneurs. Et pourquoi ? Parce que le Tathagata a enseigné que les dharmas particuliers des Bouddhas ne sont simplement pas les dharmas particuliers d'un Bouddha. C'est pourquoi ils sont appelés « les dharmas particuliers des Bouddhas ».

mercredi 23 janvier 2013

Sûtra du Diamant : Introduction. Hommage à la Perfection de la Sagesse, la Merveilleuse, la Sainte !

1. Ainsi ai-je une fois entendu. Le Seigneur résidait à Sravasti, dans le bois de Jeta, dans le jardin d'Anathapindika, avec une grande assemblée de mille deux cent cinquante moines, et avec de nombreux Bodhisattvas, des grands êtres. Tôt le matin le Seigneur s'habilla, mit sa robe, prit son bol, et entra dans la grande ville de Sravasti pour aller chercher des aumônes. Après avoir mangé et être revenu de sa tournée, le Seigneur déposa son bol et sa robe, se lava les pieds, et s'assit sur le siège qui avait été préparé pour lui, croisant ses jambes, tenant son corps droit, et fixant consciemment son attention devant lui. Alors, de nombreux moines s'approchèrent de l'endroit où était le Seigneur, saluèrent ses pieds avec leur tête, marchèrent trois fois autour de lui par la droite, et s'assirent d'un côté.

2. A ce moment-là, le Vénérable Subhuti vint vers cette assemblée et s'assit. Puis il se leva de son siège, mit la partie supérieure de sa robe sur son épaule, posa le genou droit à terre, inclina ses mains jointes vers le Seigneur, et dit au Seigneur : « Il est merveilleux, Ô Seigneur, il est infiniment merveilleux, Ô Bien-Allé, comme les Bodhisattvas, les grands êtres, ont été aidés avec la plus grande aide par le Tathagata, l'Arhat, le Complètement Éveillé. Il est merveilleux, Ô Seigneur, comme les Bodhisattvas, les grands êtres, ont été favorisés avec la plus grande faveur par le Tathagata, l'Arhat, le Complètement Éveillé. Comment, alors, Ô Seigneur, un homme ou une femme de bien, qui s'est mis en route sur le véhicule du Bodhisattva, doit-il se tenir, comment doit-il progresser, comment doit-il contrôler ses pensées ? »

Après ces mots, le Seigneur dit au Vénérable Subhuti : « Bien parlé, bien parlé, Subhuti ! C'est ainsi, Subhuti, c'est ainsi, comme tu le dis ! Le Tathagata, Subhuti, a aidé les Bodhisattvas, les grands êtres, avec la plus grande aide, et les a favorisés avec la plus grande faveur. Écoute donc bien, Subhuti, et avec attention ! Je vais t'enseigner comment ceux qui se sont mis en route sur le véhicule du Bodhisattva doivent se tenir, comment ils doivent progresser, et comment ils doivent contrôler leurs pensées. » « Qu'il en soit ainsi, Ô Seigneur », répondit le Vénérable Subhuti, et il écouta.

mardi 25 septembre 2012

Un petit bijou..."Le bonheur est entre vos mains"...

La dictature de l'ego
Ah l’ego ! Presque la majorité des gens sont esclaves de ce dictateur impitoyable. Dans ce livre, Dzigar Kongtrül Rinpoché, jeune maître éminemment respecté du bouddhisme contemporain, nous livre l’enseignement dispensé à ses étudiants qui s’efforcent d’intégrer une authentique pratique spirituelle dans leur vie. Le maître Rinpoché ne considère pas ces enseignements comme traditionnels mais plutôt le fruit de sa propre contemplation et de ses expériences méditatives de la vue pénétrante. 

Le livre est divisé en trois parties. Dans la première intitulée « La pratique de l’observation de l’esprit », Dzigar Rinpoché nous apprend à se détacher de nos émotions, à se libérer de l’ego qui nous empêche d’accéder à l’espace que constitue notre intérieur. Il faut considérer sa vie comme un film afin que nos réactions et nos comportements ne nous effraient plus et ainsi, pouvoir s’observer calmement, en toute sérénité. En fait, tout au long du livre, l’auteur insiste sur l’importance de réduire l’amour-propre. En y parvenant, on laisse le monde extérieur nous pénétrer, ce que la défense de notre ego nous empêche de faire. L’ego nous fait énormément souffrir. Nous prenons toutes les contrariétés et toutes les attaques comme personnelles et, voulant protéger cet immense ego, nous sommes constamment en situation de défense. Atteindre l’éveil signifie parvenir à prendre conscience de la futilité de vouloir à tout prix soigner notre ego et parvenir à se consacrer entièrement au bien d’autrui. Renoncer à l’amour-propre garantit le bonheur intérieur alors que s’attacher à notre moi ne peut amener que souffrances et déceptions. 

La deuxième partie intitulée « L’intrépidité de l’observation de l’esprit » nous enseigne à ne pas tenter de trouver un refuge dans le monde extérieur mais plutôt à l’intérieur de nous-mêmes. Il y est aussi traité des habitudes, des peurs, des pensées et des croyances. J’ai beaucoup aimé le chapitre sur la dépression et sur la façon d’affronter nos petits et grands désirs. Méditer sur l’inexistence du soi, être présent, ne pas résister au changement, voir le monde comme notre maître, l’universalité de la souffrance, développer notre sens de l’humour, voilà une partie des thèmes abordés dans cette partie.

Enfin, la troisième partie intitulée « Trouver sa place dans le monde » nous conseille sur la façon de trouver notre véritable identité, notre but dans la vie, vieillir avec aisance, pratiquer le « lâcher-prise » et la pleine conscience de soi.

Dzigar Kongtrül Rinpoché nous donne à la fin quelques titres de livres sur le même sujet que j’ai notés soigneusement.

Pour bien mettre en pratique les enseignements de Dzigar Rinpoché, il faut bien les comprendre. Le bouddhisme est souvent mal compris et mal perçu par une majorité de gens mais quand on arrive à bien saisir son essence, il est une source inépuisable de joie et de sérénité. Le livre est écrit sur un ton intimiste et tout est expliqué avec une belle simplicité et une volonté d’aider l’être humain à atteindre le bonheur. Louable entreprise !

« Il est essentiel d’accepter le caractère illusoire des apparences, à savoir les pensées, les émotions et les objets extérieurs. Tant que l’on ne prend pas conscience de la nature insubstantielle de ce qui nous entoure et de nos expériences intérieures, on investit ce qui est fluide, changeant et insaisissable d’une existence solide dont les choses sont dépourvues et le monde nous semble séduisant ou menaçant. Dans ces conditions, il est impossible de trouver la paix de l’esprit. »

« La maladie, la vieillesse et la mort viendront inexorablement dans nos vies. Mais que peuvent-elles détruire ? Elles peuvent mettre un terme à notre bien-être physique, mais elles ne peuvent anéantir quelque chose qui serait un vrai « moi ». Ce « moi » est l’expérience même de l’espace en soi. Il est ouvert, illimité et libre de peurs. Les effroyables souffrances du monde des hommes, les douleurs de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort, ne peuvent nous détruire. Être à l’aise avec la vacuité libère de la peur. »

samedi 22 septembre 2012

L'anneau de Moebius...oui sinon...Le noeud sans fin...

Les huit signes auspicieux du bouddhisme...

Le nœud sans fin (sk. srivasta, tib. palbe) peut aussi avoir une forme évoquant une fleur. Il serait à l’origine un symbole d’amour. Il apparaît sur la poitrine de Vishnu, dont il est l’une des appellations, à l’emplacement où réside sa parèdre Lakshmi. Il apparaitra aussi sur la poitrine du kalki. Dans le bouddhisme il représente l’esprit du Bouddha ainsi que l’interdépendance de toutes choses, l’union de la compassion et de la sagesse, de la sagesse et des moyens, ou du vide et de l’interdépendance.

Chacun ses références...

mardi 24 juillet 2012

Adam Von Rothfelder by Dylan Rosser


Adam Von Rothfelder - by Dylan Rosser from Dylan Rosser on Vimeo.

Le lotus sur la poitrine d'Adam avec un coeur au milieu
Dans le bouddhisme la fleur de lotus est emblématique de Bouddha. Dans tout le monde indien on compte de très nombreuses peintures, sculptures et représentations de la fleur de lotus. Ceci est dû à la particularité unique du lotus qui est la seule plante aquatique dont la fleur est au-dessus de l'eau contrairement aux nénuphars et autres cousins dont la fleur flotte sur l'eau. Cette image, connotant la légèreté, de la fleur s'élevant au-dessus de la surface de l'eau rejoint celle de Bouddha si léger qu'il repose comme un chat au-dessus du sol.
La symbolique du lotus en bouddhisme relève encore du fait que la graine et la fleur apparaissent ensemble, il s'agit de la simultanéité de la cause (la graine) et de l'effet (la fleur) dans la loi de causalité de l'univers qui est l'un des concept majeur de la philosophie bouddhique. À cela il faut rajouter que le lotus puise sa substance vitale dans la boue pour s'épanouir, en effet, au-dessus de l'eau. Ainsi "la boue" représente les souffrances, les troubles, les désirs, qui sont le terreau même de notre épanouissement. Il est donc possible de transformer son karma par l'illumination, l'atteinte de la bouddhéité, grâce à notre éveil à la loi de causalité.
Toujours présent dans les autels domestiques et dans les temples, le lotus est à la fois ornement et offrande religieuse.

Peut-on en déduire qu'Adam veut signifier par là que c'est par un coeur ouvert aux autres que l'on s'extrait de la boue, de la souffrance, des troubles, des désirs, et que par-là nous atteindrons notre épanouissement...
Can we infer that Adam wants to signify that this is an open heart to others that we extracted from the mud, suffering, troubles, desires, and by then we will achieve our development ...

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